‹ Saint-Martin, le philosophe inconnu, sa vie et ses écrits, son maitre Martínez et leurs groupes d'après des documents inéditsChapitre 130 sur 360 · LE 21 JANVIER · texte numérisé non relu

LE 21 JANVIER

le raffermir rien de moins que la parole de Dieu, citée par la meilleure de ses amies.

L’année 1793 apporta de sérieuses modifications dans cette vie si puissamment agitée par des secousses énigmatiques. Deux graves événements vinrent saisir Saint-Martin désolé de sou isolement à Àmboise : la mort du roi , dont il avait quitté le service il y avait plus de vingt aus, mais qui l’avait fait chevalier de Saint-Louis par les mains du prince de Montbarey, et la mort de son père, dont il était le garde-malade un peu malgré lui.

Il nous apprend qu’il était à Amboise le 21 janvier. Il en mentionne sur son journal le terrible événement dans le style du jour, et comme si quelque émissaire d’un comité révolutionnaire regardait le bout de sa plume par-dessus ses épaules, il met supplice de Copel. Le mot Louis, qu’il avait mis d’abord, est biffé dans cette note pour faire place à la désignation chère au langage qui a cours forcé, comme du papier-monnaie.

Le môme mois il perdit aussi le père qu’il avait toujours aimé et honoré ; qu’il venait de soigner en fils dévoué, le cœur tout saignant, mais avec une entière soumission. 11 sentit cette perte comme il le dit à son ami de Derne, quoique sa mort fût prévue. C’est à tort que dans plusieurs écrits on rapporte ce fait à l’année 1792. Saint-Martin en fixe la date lui-môme dans sa lettre du 13 février 1793 au baron de Liebisdorf. Cette séparation fut adoucie pour le théosophe par les témoignages d’affection d’une sœur très-chérie, madame la marquise d’Estenduère , à laquelle il venait de donner, au milieu des plus vives agitations de Paris, des preuves d’un tendre attachement, et par le redou-

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