‹ Saint-Martin, le philosophe inconnu, sa vie et ses écrits, son maitre Martínez et leurs groupes d'après des documents inéditsChapitre 140 sur 360 · LE NÉANT INFINI · texte numérisé non relu

LE NÉANT INFINI

le Verbe est engendré éternellement sur un fond qui, quoique substance, est un néant infini : la Vierge, la Sagesse divine, Sophia.

« C’est cette vierge divine qui s’est unie hypostatiquement avec l’humanité de Marie ; c’est sur ce fond divin que le Verbe a été engendré dans Marie. Et c’est encore la même Vierge divine unie à l’humanité de Marie, qui peut entrer dans nos cœurs et servir de fond sur lequel le Verbe s’engendre. »

Une génération assise sur un néant infini ! Mais comment la faire accepter de la raison ? Pour accepter, la raison n’exige pas la compréhensibilité; cette vieille pruderie a fait son temps. Mais l’intelligence humaine, pour accepter, pour pouvoir accepter avec raison, exige impérieusement l’absence de tout ce qui implique contradiction, de tout ce qui est absurde. Or, le néant n’étant rien, ne saurait être ni fini ni infini , ni le fond de quoi que ce soit.

Aussi le baron de Liebisdorf serait-il fort embarrassé de soutenir son néant infini contre son correspondant, s’il n’avait pour soi une autorité plus haute que la sienne, la plus haute de toutes pour Saint-Martin.

En effet, « c’est Bœhme qui prouve que le néant n’est pas autre chose que Sophia, la Sagesse éternelle ; que Sophia est visible comme un esprit pur, élémentaire,

subtil et sans corps C’est pour cela, dit-il, que le

corps de la Vierge n’a pas , après sa mort , subi la loi générale de la corruption . »

Ces assertions, permises à Bœhme, vu son éducation philosophique, ne l’étaient pas à Liebisdorf, élève de Kant. Aussi Saint-Martin ne s’y rend pas. C’est pour

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