GLE1CHEN
très-connu de Saint-Martin ; mais il en était peu estimé, et Saint-Martin ne cessait de prêcher le baron de Liebisdorf à son sujet. « C’est un homme qui a beaucoup d’esprit, lui dit-il, surtout de l’esprit de cour et de l’esprit du monde. Il a frappé à toutes les portes; il a entendu parler de tout, il a tout lu; avec cela je ne pourrais pas vous dire en quoi il est eutré.... Eulin, c'est un homme tellement habitué à voir du faux et de l’erreur, qu’il ne cherche que cela. Ce qui m’a fait dire de lui, dans le temps, qu’il donnerait trente vérités pour un mensonge. A-t-il changé depuis? Je le souhaite. »
Le portrait n’est pas flatté, mais, il faut en convenir, il est esquissé de main de maître. Plus tard, le peintre ajoute ce trait : « Si vous me parlez de G., que ce soit toujours sans le nommer, je vous prie. Et surtout qu’il sc garde bien de m’écrire : je ne puis recevoir ses lettres. »
Au surplus, le portrait est chargé, et si ce baron de Gleichen est le personnage de ce nom qui a publié en allemand les Hérésies métaphysiques dont ou a extrait les Essais théosophiques , parus à Paris eu 1793, nous avons de lui un portrait plus fidèle : c’est celui qu’il a tracé lui-même dans ses Mémoires , qui sont inédits à la vérité, mais dont le Mercure étranger a donné un curieux extrait (tome I", page 243).
Au surplus, rien ne marque mieux que cette pureté de jugement des deux amis la ligne austère et sainte qu’ils suivaient, et qui les sépare de tous ces personnages douteux qu’on rencontre à cette époque essayant des rùles qui ne sont pas faits pour gux, mais les abordant tous, y compris ceux de prophètes et de maîtres.