‹ Saint-Martin, le philosophe inconnu, sa vie et ses écrits, son maitre Martínez et leurs groupes d'après des documents inéditsChapitre 152 sur 360 · SICARD · texte numérisé non relu

SICARD

Peut-être d'entre ces amis que Saint-Martin eut le temps de visiter à son aise avant l’ouverture de l’École, aucun, à l’exception de l’abbé Sicard dont il devait y suivre le cours de grammaire générale, ne se préoccupait de l’objet spécial qui l’avait amené à Paris ; et bientôt il s’impatienta d’autant plus des lenteurs qu’on apportait aux commencements des cours, qu’il sentait davantage les privations que lui imposaient, en l’absence de sa royale hôtesse, la médiocrité de sa fortune et les malheurs du temps. 11 les sentait en homme d’une organisation fort délicate; mais, en se recueillant, il les supporta en philosophe.

« Nos entreprises studieuses, écrit-il au 4 janvier 1795, ne commenceront que dans quinze jours. On ne sçait même trop quelle tournure elles prendront , car le projet n’est pas môr. Il s’éloigne déjà du but simple de son institution qui faisoit mon attrait. Ainsi, je ne puis vous répondre en rien de ce résultat, et pour cela faire, il me faut voir venir. En attendant, je gèle ici faute de bois, au lieu que dans ma petite campagne (à Chaudon) je ne manquois de rien. Mais il ne faut pas regarder à ces choses-là. Faisons-nous esprits, il ne nous manquera rien; car il n’y a point d’esprit sans parole, et point de parole sans puissance : réflexion qui m’est venue ce matin dans mon oratoire, et que je vous envoie toute fraîche. >»

On voit que ces privations ne lui ôtèrent pas sa douce gaieté. Son oratoire est une charmante figure. D’un autre côté, ses études ne lui ôtent rien de son goût pour les spéculations de la haute mysticité, qui se dessinent plus poétiques que jamais, et lui offrent , pour ainsi

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