‹ Saint-Martin, le philosophe inconnu, sa vie et ses écrits, son maitre Martínez et leurs groupes d'après des documents inéditsChapitre 154 sur 360 · GARAT · texte numérisé non relu

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circonstances me permettront pour remplir le seul objet que j’ai eu en vue en acceptant, mais ces circonstances sont rares et peu favorables. C’est beaucoup si, dans un mois, je puis parler une ou deux fois, et si chaque fois je puis parler cinq ou six minutes, et cela devant deux mille personnes à qui, auparavant, il faudrait refaire les oreilles. Mais je laisse le soin à la Providence de disposer de la semence et de la culture ; je ne ferai que ce que je pourrai faire, et je n’y puis rien si elle ne juge pas à propos que j’en fasse davantage. Je n’attends donc plus de ceci tout ce que mon désir m’en avoit fait espérer. Cependant il en peut toujours sortir quelque chose; si peu que ce soit, il ne faut pas que je m’y refuse. »

11 n’obtient la parole que rarement et pour peu de temps; mais il la prendra chaque fois qu’il le pourra, et fera ce qui dépendra de lui pour combattre l’esprit du siècle ou plutôt celui qui se cache sous son manteau.

Fera-t-il quelque chose d'important par ses résultats?

Saint-Martin s’en remet à la Providence. Il prie, il observe, il se prépare au combat. 11 ne suit pas un cours de philosophie tel qu’il lui en faudrait un et tel qu’il devait s’eu faire un jour à cette école. 11 n’a que des leçons d’idéologie, Condillac corrigé, non par Destutt de Tracy et Laromiguière, mais par Carat. Il n’en profite que pour s’exercer à combattre; et au lieu d’étudier Descartes ou bien Malebranche et Leibnitz, qu’il semble ignorer, il s’attache plus que jamais au spiritualisme théosophique de Bœhme. Il recherche ceux de ses camarades qui savent l’allemand, et les consulte sur les difficultés que lui présentent les textes de

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