‹ Saint-Martin, le philosophe inconnu, sa vie et ses écrits, son maitre Martínez et leurs groupes d'après des documents inéditsChapitre 156 sur 360 · KANT · texte numérisé non relu

KANT

que les arguments pour. Kant, il est vrai, réédifiait avec soin, dans une seconde étude d’une grande profondeur aussi, daus sa Critique de la raison pratique, ce qu’il avait démoli avec tant d’attention dans sa Critique de la raison pure. Mais à cette époque, l’isolement des écoles et des peuples était étrange encore. Nous ne traduisions que les penseurs anglais; et, plusieurs années après, le prince de Penteeorvo, occupant le Hanovre, n’accorda qu’un feuillet à Charles de Villers pour l’exposé du système de Kant. Nous n’en étions plus, il est vrai, à Condillac. Toutes les facultés de l’âme ne se réduisaient plus, en 1795, à celle de sentir, toutes ses opérations, à des sensations transformées. La science de l’entendement ne se bornait pas à l’étude de la sensation, mais elle se complaisait à faire valoir cette faculté.

A chaque leçon de philosophie, le Robinson de la spiritualité— Saint-Martin se traitait comme tel — se trouva en présence d’un enseignement dont l’étroitesse blessait précisément celles des facultés de son âme qu’elle contestait avec le plus de frivolité. L’idéologie sensualiste avait, en effet, ce désavantage, que plus elle s’efforcait de corriger le sensualisme pur et net de Condillac, plus elle eu découvrait l’insuflisance, les défauts, les lacunes. Un beau jour, la langue de Saint-Martin se délia, et il profita de son tour de parole pour attaquer directement la doctrine du maître. C’était un jour de conférence, et dans ces séances les auditeurs non-seulement étaient autorisés, mais invités à présenter leurs observations. 11 n’y eut donc rien d’extraordinaire dans la conduite de Saint-Martin. La composition de l’École était, d’ailleurs, exceptionnelle; et pour comprendre ce qu’il lit d’un

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