LES MODIFICATIONS
peu spécial en engageant un débat sur le fond et sur l’esprit général de l’enseignement, ce que ne fit aucun de ses camarades, il faut considérer que Saint-Martin, à l’École, était plus âgé que son professeur; qu’il était ancien officier, ancien chevalier de Saint-Louis, écrivain très-admiré dans plusieurs pays de l’Europe, et trèsgàté dans l’ancien grand monde. De plus, à cette séance, ou plutôt dans cette conférence tenue aux jours où les • élèves prenaient la parole pour demander des éclaircissements ou présenter des doutes et des objections, Saint- Martin ne demanda que la modification de quelques locutions exagérées, telles que celles-ci : Faire nos idées ou créer nos idées , ces mots impliquant un pouvoir qu'il réservait à une faculté naturelle mais tout intérieure.
Pour être plus sûr de sa parole, Saint-Martin avait écrit ses objections, mais il n’avait pas pu en achever la lecture. Dans une autre conférence, celle du 9 ventôse 1793, il en présenta la suite dans une note écrite en forme de lettre. 11 lut cette fois avec plus de fermeté, et demanda trois modifications nouvelles :
1 0 il voulut une reconnaissance formelle du sens moral, avec une place distincte dans la description des éléments essentiels de la nature humaine ;
2° 11 signala la nécessité d’une parole première donnée à l’homme dès la création, citant à l’appui de son opinion ce mot de Rousseau : La parole a été une condition indispensable pour l’établissement même de la parole;
3° Il insista sur la convenance de mettre la matière non pensante à sa place véritable.
A cette secondé séance il fut mieux écouté qu’à la première, et il fit une impression qu’on put qualifier de