LES MYSTÈRES
lidèle et instruit qui lui montre le chemin le plus sûr pour passer et l'empêcher de rester trop longtemps dans ce lieu d’illusions et de prestiges, peut s’y perdre, car il est entre le bien et le mal.... Le monde a ses miracles, ses visions et ses merveilles particulières. 11 est rempli d’inspirés et d’illuminés qui sont sur les frontières (m f imbus ) du prince des ténèbres se montrant en ange de lumière, si bien que les élus mêmes eu seraient séduits s’ils n’étaient armés. » (Lettre à K.,..)
Quant h la science des nombres, l’illustre théosophe de Munich possédait réellement l’art de les faire parler, si nous en croyons son ami.
« Il envisage et emploie les nombres comme les échelons pour monter plus haut; il m’a paru qu’ils sont entre ses mains un instrument intermédiaire pour communiquer avec les Vertus; il les indique dans son livre pour résoudre des problèmes de tous les genres. Je crois même que par eux il reçoit des réponses articulées (?) qu’il traduit alors dans notre langue vulgaire. Ce n’est pas que de temps à autre il ne jouisse, à ce qu’il m’a paru, de quelques faveurs plus immédiates, et qu’il ne voie directement, sans intermède, dans le monde pneumatique, ce qui correspond au second principe de notre ami Bœhme. Il appelle cela, dans une de ses lettres, « l’Étoile levée. » Alors les idées et la langue ne ressemblent plus à nos idées et à notre langue vulgaire. »
Pour donner à Saint-Martin une idée plus vraie de la bienheureuse manifestation d’Eckartshausen arrivé au terme, Liebisdorf lui avait envoyé, sans la traduire, la lettre même qu’il avait reçue de Munich, le priant de lui en dire son avis. Saint-Martin répondit (le 30 prai-