DES NOMBRES
rial an III) d’une manière très-convenable. Mais il ne partage pas l’enthousiasme de Liebisdorf sur la manière dont Eckartshausen faisait parler les nombres. Plus tard il déclina l’offre de son ami, de mettre à sa disposition les deux volumes in-8° où cette science est exposée dans tous ses détails, et même il plaignit un peu, je le dis avec peine , le théosophe allemand , de n’avoir suivi sur les arcanes des nombres qu’une méthode très-imparfaite, celle de l 'addition, tandis que la seule qui fût complète, c’était celle de la multiplication qu’il suivait lui-même (2 fructidor 1795).
« Quant à ses nombres, qu’il (Eckartshausen) regarde avec raison comme une échelle, je crois que s’il ne les manipule que par l’addition, il les prive de leur plus grande vertu, qui se trouve dans la multiplication...
« Chaque nombre exprime une loi divine, soit spirituelle (bonne ou mauvaise) , soit élémentaire , comme vous pouvez le voir dans le livre des dix feuilles, etc. Suit une longue et obscure explication que je supprime. On peut voir d’ailleurs le Livre des Nombres , ouvrage posthume de Saint-Martin, autographié par les soins de M. Léon Chauvin eu 1842, et imprimé en 1861 par ceux de M. Schauer. Et si l’on veut bieu consulter la préface que j’ai mise à la tête de cette dernière publication, ou verra que le livre si clos des Nombres n’est pas même celui des travaux les plus indéchitfrés encore du théosophe.
Cette double réponse si sincère, qui réfute ou passe sous silence la lettre trop célébrée par Liebisborf, ne refroidit pas l’enthousiasme de ce dernier pour les supériorités de son ami de Munich; mais elle lui délia la langue sur la science des nombres et sur les deux vo-
LCS MÉDIUMS.
lûmes où il l’exposait. 11 avoue à Saint-Martin qu'il ne se sent aucun goût décidé pour l’étude de ces nombres qui parlent à Munich. 11 était trop poli pour ajouter, ou à Amboise. Car l’excellent baron, lors mémo qu’il faisait un peu le capable, observait d’ailleurs les formes. Sa lettre nous fait voir en même temps que, dès 1796, la théorie des médiums était bien ébauchée.
« Je vous avoue volontiers, dit-il (lettre du 9 septembre de cette année), que je ne me sens aucun goût décidé pour l’étude de ses nombres. Supposons un moment, d’après sa manière d’envisager la chose, que la connaissance des signes primitifs l’ait conduit à des formes, à des milieux; qu’un de ces milieux (médiums) lui ait procuré une manifestation. Soit, mais l’ennemi n’a-t-il pas aussi un médium? Ce médium n’est-il pas l’esprit du monde? Et ce dernier ne se joint-il pas très-volontiers au médium de l'opérateur, etc., etc.? Ce sont là mes conjectures, mandez-moi si je me trompe! Outre que ces voies donnent ordinairement encore ce que l'on ne deraaude pas et dont on ne sait que faire, je sais qu’il y a aussi des personnes qui travaillent tout à fait élémentairement. En laissant tomber un rayon du soleil sur dix verres de cristal mystérieusement rangés, elles obtiennent par la réfraction de ce rayon, à ce qu’elles prétendent, la manifestation des vérités et des vertus immuables. Avez-vous oui parler de cette voie?
« 11 y a quinze années qu’une expérience semblable aurait excité toute ma curiosité ; à présent, je ne sais comment je suis fait, elle excite- toute mon indifférence. »
Voilà bien, et sur les nombres, une leçon eu règle