‹ Saint-Martin, le philosophe inconnu, sa vie et ses écrits, son maitre Martínez et leurs groupes d'après des documents inéditsChapitre 182 sur 360 · CONFIÉ · texte numérisé non relu

CONFIÉ

paix; de ses principes, le triomphe de ses doctrines les plus chères. Ses excès étaient des châtiments, ou voulus delà Providence, ou permis par elle. Le publiciste avait des amis visités par les épreuves de ce jugement de Dieu ; mais ses intérêts, ses relations, ses aiFections les plus tendres n’émurent jamais sa pensée politique au point d’y porter le trouble ou l’inconstance. Le beaupère de sa plus illustre amie, le prince de Condé, fut pour lui ce qu’il était pour la France, un ennemi. Liebisdorf a voulu un jour le rassurer sur le projet d’une prochaine invasion de la France par ce prince. 11 lui marquait que Condé était incapable d’y songer sans y être autorisé par l’Autriche, et que l’Autriche n’y était pas disposée. 11 désirait que, de bouche en bouche, ces nouvelles, données de Berne, arrivassent au gouvernement, qu’il croyait inquiet. Et bien étourdi fut-il quand il reçut de Saint-Martin, qui devait servir de portevoix dans cette communication officieuse, ces fîères paroles : « Je n’ai jamais eu d’inquiétude sur l’armée de Condé... Je la regarde comme une figure dont on voudrait faire un épouvantail. »

Loin de se laisser émouvoir par des considérations de ce genre, soit pour son pays , soit pour sa personne, Saint-Martin voulait à cette époque même aller jouir du calme des champs, en Suisse, à Morat, auprès de son ami. Déjà il s’était concerté avec son cher correspondant sur la forme et la teneur de son passe-port ; déjà il avait pris l’engagement de visiter en passant « la respectable prisonnière (madame la duchesse de Bourbon), » lorsqu’il changea tout à coup d’idée et ajourna son voyage au printemps de 1797. Alors il commencerait sa tournée

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