LE SPIRITUALISME
différents endroits de Bœhme qui renferment là-dessus des magnificences. » Renouer même à ce que présentait son auteur favori, c’était évidemment aller trop loin.
Ce n’est pas tout; Saint-Martin nous apprend avec une naïveté charmante qu’il croyait les membres de la seconde classe de l’Institut trop peu initiés aux grands problèmes pour vouloir les en embarrasser.
« Je n’ai eu en vue que nos simples docteurs académiques, et il ne faut pas que je les sorte trop de leur sphère : ils ne m’entendroiont pas. »
Cela ne parait pas étrange, seulement cela parait hautain. Qu’on ne s’y trompe pas, toutefois. Saint-Martin ne veut pas dire que l’Institut n’eût pas alors de métaphysiciens pour les questions supérieures , il veut dire seulement qu’il s’est abstenu de leur ex poser les grands principes de son spiritualisme mystique. Mais quand même les académiciens du jour ne se seraient pas prêtés à son point de vue, du moment où il avait mission de le dire, et telle était sa foi souvent professée, il ne fallait pas hésiter à l’émettre. L’Institut n’est un foyer complètement éclairé qu’autant qu’il est ouvert à tous les rayons de lumière qui s’abaissent sur la terre, de quelque part qu'ils viennent.
Il est vrai que le spiritualisme mystique, qui n’a jamais régné dans aucune Académie, n’était pas en grande faveur à l’Institut en ce temps-là. Mais si Saint-Martin, se mettant sciemment à un autre point de vue que celui de ses juges, fut parfaitement dans son droit, il ne le fut plus en se mettant aussi à un autre point de vue que celui de la science pure. C’est en choisissant ce dernier que le jeune soldat qui remporta le prix montra son bon