L IMBROGLIO
de bons sentiments et de vraie tendresse. Madame de Sévigné est plus coquette avec sa fille, elle n’est pas plus affectueuse avec elle que Saint-Martin ne l’est avec son enfant spirituel. Rien n’y fait; et le 13 janvier, cet enfant, qui a déjà déclaré qu’il ne publiera pas son Précis en français, — et qui ne le publiera pas non plus en allemand, quoi qu’il dise, — écrit encore une lettre d’une amertume extrême au début. Aussi je ne veux pas m’y arrêter un seul instant; j’ai hâte de dire, au contraire, qu’après avoir lancé ses traits les plus déchirants, il s’adoucit un peu, comme s’il sentait qu’il en a trop dit. Toutefois, il garde encore un peu de fiel en son bon cœur, et avec une malséante ironie il remercie son ami d’avoir empêché une publication où l’on aurait jeté son huile aux vierges folles!
A cela, Saint-Martin, qui n’a rien empêché du tout,' voit qu’il est allé jusqu’à la limite où la raison l’autorise à s’arrêter et où la dignité le lui commande. 11 répond, le 28 janvier, que tout cet imbroglio est né d’une distraction de son ami ; qu’au lieu de lui conseiller soit la bassesse, soit la pusillanimité, il lui avait dit seulement que la profession de foi de sa préface, si excellente en elle-même, toucherait peu la France. Du reste, il lui dit nettement que, pour lui, il a tout fait et trop fait pour le calmer, n’ayant rien fait pour le fâcher. « Vous ayant trouvé si affecté, lui ditril, j’ai tâché, par les expressions les plus douces que j’ai pu trouver, de mettre de l’eau sur le feu, et, au contraire, je n’ai fait que l’irriter encore plus....»
Et cependant il y verse une eau bien douce et bien balsamique encore. Il n’attribue toutes ces émotions si