‹ Saint-Martin, le philosophe inconnu, sa vie et ses écrits, son maitre Martínez et leurs groupes d'après des documents inéditsChapitre 212 sur 360 · LES MIROIRS DIVINS · texte numérisé non relu

LES MIROIRS DIVINS

Ainsi rien de plus élevé que le point de départ. J’ajoute encore, rien de mieux enchaîné que toute cette introduction. Mais avec la fin de ce morceau s’évanouissent la méthode, l’ordre et l’harmonie de la pensée, et tout à coup se suivent une longue série d’assez courtes réflexions sur toute espèce de choses : l’athéisme, une pensée accordée aux animaux, l’organisation des êtres et la source de leurs propriétés, etc. En un mot, le reste n’offre d’autre liaison que ces faibles analogies qu’avec beaucoup d’esprit on trouve à tout. A une notice sur l’amour universel suivie d’une autre sur l’état primitif de l’homme, l’auteur en rattache une autre sur l'esprit des miroirs divins , ou « la raison pour laquelle Dieu a produit des millions d’étres-esprits où il se mire et apprend à se connaître. Car il ne se connaît que dans son produit : son centre est éternellement enveloppé dans son ineffable magisme. » Qu’on remarque cette théorie si étrange. J’en ai signalé ailleurs la singulière analogie avec la doctrine de Schelling, qui a pu la puiser, comme Saint-Martin, dans les conceptions trop panthéistes de Bœhme.

Il est impossible de se faire, sans l’avoir lu, une idée d’un livre où il s’agit de tout, et impossible d’en donner une sans le copier. Il y est question même de la danse et de la propriété du café. Mais il est impossible aussi de marquer suffisamment toute la richesse et toute la profondeur des aperçus que l’auteur y sème d’une main aussi habile qu’elle est énergique.

L’année suivante l’auteur publia son dernier ouvrage original, le Ministère de i Homme-Esprit, qui n’offre rien de nouveau, rien qui n’ait été indiqué ou ébauché

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