LE MINISTÈRE
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dans les écrits précédents, mais qui porte à la fois nu cachet de recueillement et de clarté qu’aucun autre ne présente au même degré. C’est le chaut du cygne du théosophe d’Amboise.
11 y enseigne le vrai ministère que l’homme doit exercer sur la terre : se régénérer lui-même et les autres, c’est-à-dire répéter dans sa personne l’œuvre que le Christ a remplie dans l’humanité. C’est ce qu'il appelle, en formule théosophique, rendre le Logos ou le Verbe à l’homme et à la nature : car la nature, qui a perdu sa gloire primitive par la chute de l’homme, attend sa réintégration, sa palingénésie, comme disait Charles Bonnet, de celle de l’homme. Si c’est là un rêve, du moins ilestsublime. On sait le rôle que Saint-Martin ne cesse d’assignerà l’homme. Au sein de l’univers, il explique la nature des choses; ce n’est pas celle-ci qui explique l’homme.
Je l’ai dit, après tant d’écrits consacrés à la question religieuse et à la mission morale de l'homme sur la terre, on ne s’attend pas à ce que l’auteur vienne donner, dans une composition suprême, des solutions inattendues ou des doctrines nouvelles. Mais on remarque dans cet écrit un grand pas vers la langue reçue et le style intelligible. C’est toujours encore Jacques Bœhme qui inspire la pensée de sou disciple ou la féconde ; on sent toujours que deux étrangers, un Portugais et un Allemand ont un peu façonné l’intelligence si lucide de Saint-Martin, mais on sent aussi qu’aucun des deux ne dirige plus sa plume. Son langage est moins étrange ici qu’eu aucun de ses autres écrits, et cet ouvrage est, pour ainsi dire, en français de France, ce même Précis