HE L HOMME
que ses bons conseils avaient empêché Liebisdorf de publier en fraisais de Cerne. La franchise de Saint- Martin, après avoir détourné son aipi d’un travail audessus de ses forces, a noblement réparé le tort qu’elle aurait pu faire aux lecteurs français : ils pourront lire le Ministère de F Homme-Esprit mieux que le Précis.
Toutefois Saint-Martin est loin de donner son livre pour un résumé de Bœhmc, et il a raison : c’est son ouvrage le mieux fait. L’objet en est sa grande aTfaire, sa mission : il veut fixer les regards de la famille humaine sur la source de ses maux et sur ceux qu’elle doit faire cesser sur la terre; car, étant l’image du principe suprême, elle doit y faire ce que Son type fait dans l’univers.
On le voit, ce sujet est trop vague à force d’être trop vaste. Au fait, l’auteur le restreint au seul point de vue moral, et celui-là il le traite en maître, d’un style souvent, admirable. Simple moraliste, laissant là ce qui faisait précisément l’objet de sa plus grande ambition et de sa haute passion, la métaphysique et en particulier la pneumatologie, Saint-Martin occupait un des premiers rangs entre les écrivains de son époque. Jusqu’ici je l’ai suivi dans ce qui a fait son amour et son travail. J’ai peu insisté sur son style , qu’il négligeait comme chose extérieure et secondaire; mais il faut bien, en parlant de ce volume, nous apercevoir un peu des progrès de son discours. Après l’avoir entendu si souvent sur des sujets abstraits, suivons-le un moment esquissant une scène de la nature, scène sur laquelle il ne s’arrête pas et qui n’est pour lui qu’un moyen de faire Comprendre sa pensée, mais scène qu’il jette sur un coin