‹ Saint-Martin, le philosophe inconnu, sa vie et ses écrits, son maitre Martínez et leurs groupes d'après des documents inéditsChapitre 222 sur 360 · AUM AV · texte numérisé non relu

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Laroche possédait à Aunay, cette charmante retraite que le grave penseur avait tant aimée et si souvent visitée.

Ce fut un coup d’apoplexie qui mit une douce fin à cette douce existence , laissant au pieux philosophe quelques moments pour prier et pour adresser de tou- • chantes paroles à sesamis accourus. Il les pressa de vivre dans l’union fraternelle et dans la confiance en Dieu. C’est en prononçant ces paroles, religieusement recueillies par M. Gence, et empreintes d’un certain cachet de fraternité mystique, que s’endormit l'homme éminent que M. de Maistre appelle le plus instruit, le plus sage et le plus élégant des théosophes. Sa carrière pouvait se clore. Il avait vu les plus grandes choses qu’on puisse voir en aucun temps ; il avait passé, âme forte et sereine, par de rudes épreuves et avait accompli de notables travaux. Ni la gloire du monde, ni la fortune n’avait salué sa vie; et à ses yeux elles ne l’eussent pas même embellie; mais il avait goûté les plus douces et les plus profondes de toutes les jouissances : aimé de Dieu et des hommes, il avait beaucoup aimé lui-même et beaucoup plus espéré de l’avenir que du présent.

« Ce n’est point à l’audience, dit-il supérieurement, que les défenseurs officieux reçoivent le salaire des causes qu’ils plaident, c’est hors de l’audience et après qu’elle est finie. Telle est mon histoire, et telle est aussi ma résignation de n’être pas payé dans ce bas monde. »

C’est un des beaux traits de sa foi d’avoir aimé son œuvre pour elle-même. 11 n’a compté sur rien dans ce monde. Il se savait si bien uni à Dieu que sa récompense était ailleurs. Dans sa dernière note sur sa vie, qui doit avoir été écrite peu de jours avant sa mort, il

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