L UNITÉ
dit, à propos des frères Moraves, sur lesquels on lui avait envoyé une note (elle était de Salzmanu) :
« L'unité ne se trouve guère dans les associations ; elle ne se trouve que dans notre jonction individuelle avec Dieu. »
Et maintenant que nous avons terminé cette esquisse, où il a été question surtout de la vie extérieure de cet homme éminent, de ses études, de scs recherches, de ses aspirations, de ses expériences, de ses travaux, de ses relations et de ses affections, il nous reste à tenter encore un essai plus délicat : une investigation sur sa vie intérieure, plus importante que la vie dans le monde ou l’œuvre d’un homme, quel qu'il soit.
En effet, ce qui fait pour nous-méme l’intérêt essentiel et le grand enseignement de cette vie , ce ne sont pas les quelques faits de biographie que nous sommes parvenu à rassembler ou à coordonner, c’est ce qu’elle fournit à une solution ferme et nette de cette question, qui est complexe : Quelle est la valeur réelle des dons et la légitimité positive des moyens extraordinaires que le mysticisme offre à l’éducation éthique de l’homme; et * quelle est la valeur réelle de la spéculation transcendante : est-elle une ressource ou un obstacle dans la vie du mystique ?
C’est dans le développement moral auquel il est arrivé qu’est la grande leçon que nous offre encore aujourd'hui la vie de Claude de Saint-Martin , et qu’elle offrira tant qu’il y aura dans ce monde un être intelligent qui fera, de l’idéale pureté du sentiment et de la pensée, la sérieuse affaire de son existence.