KT SAINT-MARTIN
vue de la grandeur divine et qui pousse ce sentiment jusqu’à l'exaltation, c’est lui. Si donc, tout examen fait, de ses nobles aveux et de ses aspirations énergiques, constantes et souvent parfaitement éclairées, nous n’arrivons pas à une solution du problème que présente la prétention générale des mystiques et des théosophes à des états privilégiés, au moyen de l’opinion précise que nourrit Saint-Martin sur ces états , la solution du problème sera, sinon impossible, du moins fort difficile. Et . me parait qu’elle devra être ajournée pour un long temps encore. Car les siècles sont peu prodigues de ces rares esprits, si croyants, si lucides et si droits, dont Saint-Martin est un des types accomplis.
En effet, s’il est pour moi une chose évidente, c’est que Saint-Martin ne voyait pas beaucoup plus clair en lui- même que nous n’y voyons après ses confidences.
Digne de toutes sortes de dons , le théosophe ne s’en attribue bien nettement aucun. Et d’abord qui, plus que lui, était appelé, par toutes ces qualités, à la première des faveurs dont les mystiques nous assurent que l’humanité ne cesse d’être en possession et en jouissance, j’entends les révélations extraordinaires?
Saint-Martin n’affiche cependant pas de révélations de ce genre. 11 était trop religieux pour s’attribuer, soit l’inspiration prophétique, soit l’inspiration apostolique.
Et si l’on pensait qu’il était trop peu de son Église, trop philosophe pour vouloir s’attribuer des révélations semblables à celles de sainte Brigitte ou de sainte Thérèse ; qu’il faut le prendre davantage dans son domaine, et qu’il a pu se flatter d’être un des favorisés dans la classe des mystiques qui aiment à se nourrir des plus