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région et nous sommes tombés sous l’influence de ceux qui la dominent.
Je ne m’arrête pas pour dire combien cette théorie est différente de l’idée fondamentale du gnosticisme avec laquelle on aime à la confondre. D’après la science secrète des gnosliques, l’homme n’étant que l’œuvre, la créature des esprits qui l’ont fait à l’insu du Dieu suprême, leur est subordonné par son origine même; et s’il a mille raisons de vouloir s’affranchir de leur règne, il n’a pas, du moins, celle d’y aspirer au nom de ses rapports primitifs. La théorie de Saint-Martin est autre : plus flatteuse pour l’honunc, elle lui donne le droit d’être très-dédaigneux pour les pratiques de la théurgie.
Ceux qui se plaisent dans l’état où lame est tombée, dit-il, et qui ne savent pas le chemin de la sphère supérieure à laquelle nous appartenons de droit primitif, acceptent l’empire des intelligences astrales et se mettent en rapport avec elles. C’est la grande aberration de ceux qui pratiquent la magie, la théurgie, la nécromancie et le magnétisme artificiel. Tout n’est pas erreur ou mensonge dans ces pratiques; mais il faut se défier de tout, car tout se passe dans une région où le bien et le mal sont mêlés et confondus.
Écoutons à ce sujet une belle lettre, écrite en 1797, au retour de Saint-Martin d’une excursion à Petit-Bourg et à Champlàtreux , et attestant des modifications profondes qui ont eu lieu dans les croyances du théosophe. Son peu discret adepte l’ayant de nouveau assailli de toute une série de questions brûlantes, il lui dit :
« Je vous répondrai sur les différents points que vous m’engagez à éclaircir dans mes nouvelles entreprises.
l'initiation centrale.
La plupart de ces points tiennent précisément à ces initiations par où j’ai passé dans ma première école, et que j’ai laissées depuis longtemps pour me livrer à la seule initiation qui soit vraiment selon mon cœur.
« Si j’ai parlé de ces points dans mes anciens écrits, ç’a été dans la verdeur de ma jeunesse et par l’empire qu’avoit pris sur moi l'habitude journalière de les voir traiter et préconiser par mes maîtres et mes compagnons; mais je pourrai moins que jamais pousser loin aujourd’hui quelqu’un sur cet article, vu que je m’en détourne de plus en plus. En outre, il seroit de la dernière inutilité pour le public, qui, en effet, dans de simples écrits, ne pourrait recevoir là-dessus des lumières suffisantes....
« Ces sortes de clartés doivent appartenir à ceux qui sont appelés directement à en faire usage, par l’ordre de Dieu et pour la manifestation de sa gloire. Et quand ils y sont appelés de cette manière, il n’y a pas à s’inquiéter de leur instruction, car ils reçoivent alors, sans sans aucune obscurité , mille fois plus de notions , et des notions mille fois plus sûres que celles qu’un simple amateur comme moi pourrait leur donner sur toutes ces bases. (Saint-Martin entend parler ici des fondateurs de religions, des prophètes et des apôtres.)
« En vouloir parler à d’autres, et surtout au public, c’est vouloir en pure perte stimuler une vaine curiosité et travailler plutôt pour la gloriole de l’écrivain que pour l’utilité du lecteur. Or, si j’ai eu des torts en ce genre dans mes (anciens) écrits, j’en aurais davantage si je voulois persister à marcher de ce même pied. Ainsi, mes nouveaux écrits parleront beaucoup de cette initiation