‹ Saint-Martin, le philosophe inconnu, sa vie et ses écrits, son maitre Martínez et leurs groupes d'après des documents inéditsChapitre 244 sur 360 · LA CHAPELLE · texte numérisé non relu

LA CHAPELLE

cache souvent. Il fuit les associatious secrètes pour les avoir trop aimées; il gronde ses amis qui lui demandent son opinion sur une école ou sur une loge fameuse à leurs yeux : c’est de la chapelle, selon lui. 11 se lie plus volontiers avec le grand monde qu’avec les grands adeptes ; il renie ses amours mystiques à la Bibliothèque nationale, en se moquant tout le premier d’un livre qu'il y fait rechercher, et il ajoute au mérite de cette pudeur celui de se la reprocher comme une trahison. S’il se permet quelquefois le style un peu lyrique et épithalamique que le mysticisme de l’Orient a légué au mysticisme d’Occident, style qu’ont adopté d’ailleurs les plus grands saints et les plus chastes vierges de l’Église, son goût, généralement plus pur, rejette les excentricités du laugage comme celles de la pensée. Mais jamais il ne sacrifie le fond à la forme, et quelquefois celle-ci s’échappe de sa plume plus conforme à l’usage général qu’à sa réserve particulière.

Cette réserve n’est pas de calcul; c’est sa vie, sa pensée, son éducation, son tempérament. Tout chez lui est délicat, corps et âme ; et s’il est toujours théosophe, toujours mystique, il ne cesse jamais d’étre lui : né gentilhomme, il vit et meurt gentilhomme, si peu de cas qu’il fasse des privilèges de la naissance.

Ce fut surtout sur la question la plus nouvelle et la plus agitée de son temps qu’il se prononça avec le plus de délicatesse, j’entends les dons extraordinaires de divers genres qui apparaissaient alors sur les horizons mystiques, les dons de guérison par le magnétisme animal, les pratiques si diverses et si variées des partisans de Mesmer et celles plus merveilleuses encore de Caglios-

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