‹ Saint-Martin, le philosophe inconnu, sa vie et ses écrits, son maitre Martínez et leurs groupes d'après des documents inéditsChapitre 25 sur 360 · CHAPITRE III · texte numérisé non relu

CHAPITRE III

Uom Martinez et Saint-Martin à l'aria et à Lyon. — Les principaux martinézistea. — L'abbé Fournie à l'école de Martinez, à Paria. — Son séjour à Londres.

Toute la vie de Martinez de Pasqualis est enveloppée de mystères. Il arrive dans une ville on ne sait d’où ni pourquoi. Il la quitte ou ne sait ni quand ni comment.

Nous savons que dom Martinez finit ses jours en 1779 à Saint-Domingue, à Port-au-Prince, ce qui souvent l’a fait dire Espagnol. Où s’est-il retrouvé avec Saint-Martin depuis leur séparation, le départ de Bordeaux?

M. Gence, qui était martinéziste et d’ailleurs fort au courant et très-épris des faits et gestes de son école, dit qu’à cette époque elle fut transférée à Lyon. Mais dès avant cette époque, elle avait réussi à s’affilier des adeptes à Paris et essayé d’en gagner d’autres. Saint-Martin, qui se rendit successivement à Paris et à Lyon, après avoir quitté le régiment, trouva des initiés dans les deux villes. Il s’attacha d’abord à ceux de Lyon plus qu’à

SAIXT-MART1N A LYON.

ceux de Paris, peut-être parla raison qu’il trouva parmi eux des déférences et des facilités d’enseignement que la première ville du royaume ne lui offrait pas au même degré.

Quoi qu’il en soit, son séjour à Lyon marque dans son éducation spiritualiste une époque non moins décisive que son séjour à Bordeaux.

Dans les années 1768 à 1778, le fondateur de l’école théurgique de Bordeaux, après avoir quitté cette ville et son sanctuaire, se trouve tantôt à Paris, tantôt à Lyon, mais il serait impossible de rien préciser de plus spécial. Tout ce qu’on peut dire, c’est que c’était sa politique de ne pas s’user sur place, de savoir se retirer à temps, de disparaître et de reparaître au moment opportun. Cela lui était d’autant plus facile que, satisfait du seul bonheur d’être chef d’école et maître de grands mystères, il ne cherchait ni l'argent ni la renommée.

Saint-Martin, qui désirait au contraire parler au public et agir fortement sur les masses, quitta la ville de Bordeaux vers la même époque que son maître. Il n’était pas libre encore, et ce ne fut pas pour écrire, ce fut pour tenir successivement garnison h Lorient et à Longwy. La séparation fut-elle complète ou adoucie par la correspondance? Je l’ignore, mais je ne trouve aucune trace de lettres échangées entre l’adepte et son initiateur. De la part de dom Martinez, qui était trop mystérieux pour s’expliquer dans des écrits confiés aux chances des courriers publics, cela se comprend ; de la part de Saint- Martin, non. Les lettres étaient, au contraire, un des moyens de communication qu’il affectionnait. 11 avait d’ailleurs mille choses à demander encore et dans tous

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