LES NOMS
le temple du vrai Dieu, et même le seul véritable temple où se puisse exercer convenablement le culte de Dieu, qui est le culte de la Parole.» (Lettre du 29 messidor 1793.)
A prendre certaines locutions au pied de la lettre et au premier abord, on dirait bien que l’organisme luimême obtieut, par l'initiation et ses pratiques, des facultés nouvelles. Mais, qu’on ne s’y attache pas : dans la plupart des cas il s’agit de moyens que l'homme possède naturellement, qui sont très -grands, mais qu’il néglige d’ordinaire de faire valoir. Il y a plus. Quand Saint-Martin nous dit que le pouvoir de certains noms prononcés par notre bouche est « énorme, » ce n’est pas à notre orgaue qu’il attribue cette puissance : c’est aux noms prononcés ou proclamés, c’est-à-dire à certains noms invoqués ou, si l’on veut, évoqués, i Disons mieux, car ce n’est pas encore à ces noms que tient le pouvoir exercé par la prononciation de certains noms : c’est à l’ordre établi dans les deux inondes, aux rapports voulus parla puissance suprême entre le monde spirituel et le monde matériel.
Ici on nous demandera naturellement ce que nous n’avons cessé de demander à Saint-Martin lui-même, à toutes scs pages les plus mystérieuses, à savoir, quels sont ces noms auxquels est attaché un pouvoir si immense.
Saint-Martin, en nous les disant, servirait peut-être mieux sa cause de missionnaire que celle de philosophe, mais il tient à celle-ci. 11 est, d’ailleurs, le maître de son secret et le seul arbitre de la réserve qu’il garde. Il aime sa manière, il lui est fidèle, et il ne nous dit qu’un seul