‹ Saint-Martin, le philosophe inconnu, sa vie et ses écrits, son maitre Martínez et leurs groupes d'après des documents inéditsChapitre 253 sur 360 · I.E GRAND NOM · texte numérisé non relu

I.E GRAND NOM

de ces beaux noms. Ses maîtres, et en général ceux des théurgistes qui ne sont pas philosophes, en ont et en nomment beaucoup. Quant à lui, il n’en énonce qu’un seul, le yrand nom, celui qu’on invoque. 11 ne daigne prononcer aucun de ceux qu’on évoque.

Quant au grand nom, il aime à en parler. Toutefois, quand Liebisdorf, son disciple, veut en savoir la prononciation, l’amour, l’habitude du mystère le reprend, et il répond qu’il n’aime pas qu’on mette tant de prix à ce que d’autres peuvent vous apprendre à ce sujet. « La parole s’est toujours communiquée directement à ses interprètes, » dit-il. C’est-à-dire, « si elle veut vous avoir pour interprète elle vous parlera, et vous saurez comment il faut prononcer son nom ; si elle ne veut pas vous parler, qu’avez-vous besoin de savoir ce que vous demandez ? » Mais il n’a pas facilement raison d’un tel correspondant , et il se laisse entraîner à discuter trèsmystérieusement le grand nom. C’est pour lui celui de Jéhovah. Son ami de Berne l’attendait là; car tel n’est pas son avis, et, fort de l’appui du savant d’Eckartshausen , il lui démontre que le grand nom est Jésus- Christ. Aux textes mosaïques il oppose des textes apostoliques. Et rien de plus curieux, pour ceux qui sont à même de suivre la pure exégèse des textes, que de les voir tous les trois s’égarer à qui mieux mieux, cherchant de très-grands secrets, des choses inconnues au vulgaire, au fond d'un simple hébraïsme, très-familier à l’Orient, très-connu des philologues. Le vrai sens de cet hébraïsme est pourtant à la portée de tout le monde; et pour peu qu’on ait vu des textes sacrés, chacun sait que ces formules, « le nom de Jéhovah ou le

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