NOM
ment de son nom, mais seulement de la prononciation de ce nom, d’un mode de prononciation qui se serait perdu dans le monde et qu’il importerait de retrouver. Or la science des anges eux-mémes n’aurait point, ce semble, le moyen, soit de constater la perte, soit de la réparer, c’est-à-dire de satisfaire les trois amis sur tout ce qu’ils regrettent et cherchent. Aussi n’aboutissent-ils pas et ne parviennent-ils pas à s’entendre, le vrai seul ne leur suffisant point. Ce qui est, toutefois, admirable, c’est la finale harmonie de leurs pieuses tendances et de leurs nobles affections. Eckartshauscn trouve très-beau ce que Saint-Martin a dit sur ce mystère dans son Tableau naturel. 11 le corrige (t. 11, p. 98, 143), car sa découverte est précisément que le grand nom n’est pas le mot J H Y II (Jéhovah) ou le tétragrammaton , que c’est au contraire celui de Jésus- Christ; mais il l’admire. Liebisdorf, qui ne l’admire pas moins, le redresse à son tour au nom de la découverte de son ami de Munich. Saint-Martin, qui avait assez vivement soutenu le tétragrammaton et dit des choses si ingénieuses dans le sens de sa première hypothèse, se résigne avec une bonne grâce inimitable. Il ne dispute pas, mais il s’enveloppe dans sa science et se drape dans son pallium de théosophe avec toute la dignité d’un stoïcien. « Quand on considère, dit-il, avec quelle sagesse ce grand nom se module lui-même dans ses diverses opérations, on doit sentir combien nous serions imprudents de ne pas nous livrer aveuglément à son administration. »
On le voit, cela ne s’adresse qu’aux initiés, et si le mystique se rend sur la simple question de philologie,