L IDOLATRIE
un ensemble de faux cultes, tous respectables dans leur origine, mais tous pleins de périls dans leur développement excessif.
Le premier de ces faux cultes, c’est sa déférence exagérée pour deux de ses maîtres, idolâtrie qui lui inspire le mépris de tous les autres et celui de la science ellemême, ce qui altère jusqu’à l’idéal de ses aspirations éthiques.
Saint-Martin , le philosophe qu’attestent les belles pages de ses écrits et sa polémique avec son professeur d’analyse, le penseur original fait pour répandre les plus vives lumières sur les problèmes de l’éthique,, comme sur ceux de la métaphysique, devait se trom- ^ per peut-être sur ce grave sujet moins que tout autre. Chrétien pieusement élevé dans ces vérités éternelles qui ont servi de guides et de juges à tant d’esprits déçus ailleurs, il avait le gofit et l’amour des saintes Écritures. Ne nous dit-il pas lui-même : « Tous mes écrits ont pour objet de prouver que nous ne pouvions avoir quelque confiance «n nos doctrines qu’autant que nous avions mis notre esprit en pension dans les saintes Écritures.» Mais tous ces avantages, lumières de la science, facultés de son esprit, indépendance de sa pensée, il les abdique, tantôt entre les mains de Martinez de Pasqualis, tantôt entre celles de Jacques Bœhme, au point de rompre souvent au même degré avec l’autorité de la raison et avec celle de la révélation, voilant son regard, ici devant les éblouissements de la théurgie, là devant ceux de la théosophie, et tombant alors dans ces exagérations de langage panthéiste qui choquent également la saine théologie et la philosophie un peu sé-