‹ Saint-Martin, le philosophe inconnu, sa vie et ses écrits, son maitre Martínez et leurs groupes d'après des documents inéditsChapitre 284 sur 360 · LE JÉRÉMIE · texte numérisé non relu

LE JÉRÉMIE

antipathie pour cette « matière dégénérée » va jusqu’à l’épigramme : « Il faut être bien sage pour aimer la femme qu’on épouse, et bien hardi pour épouser la femme que l’on aime. »

On le voit, tout cela se tient. À cette sorte de culte pour deux maîtres dont il s’exagère le mérite, la science comme le génie, mais qu'il considère comme des instruments de Dieu , tient cette sorte de culte pour leur disciple qu’il envisage comme un objet de prédilection de la part de Dieu. Et à ce respect pour sa personne et sa pensée qui le sépare du monde entier, en particulier des femmes dont il se croit si loin, mais qui jouent un si grand rôle dans sa vie, répond parfaitement le culte de Saint-Martin pour sa mission.

Elle est très-haute : il lui faut rappeler l'humanité devenue roc ou démon, de ses erreurs vulgaires aux vérités supérieures. Aussi c’est à côté, si ce n’est audessus, d’un des plus grands prophètes de l’inspiration hébraïque, que Saint-Martin se voit amené à mettre sou œuvre. « Il n’est pas seulement le Jérémie de Jérusalem, il est celui de l’Universalité. « (Portr., 979.)

Saint-Martin a, de son influence, la môme opinion que de sa mission. Dans une autre comparaison, perce avec une égale naïveté cette mauvaise petite traîtresse, cette amitié de soi que tant d’auteurs- cachent si mal. Chateaubriand, qui s’y connaît, dit que « de toutes les vanités ce serait la plus ridicule si ce n’en était pas la plus bête. «.Elle éblouit Saint-Martin, au point de mettre tout simplement l’effet qu’il attend de ses livres en balance avec celui que peuvent avoir tous les autres. « 11 n’a écrit les siens qu’afin d’apprendre à ses lec-

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