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trouvait déplace, ne pouvait y vouloir étaler le faste de son importance personnelle; et Saint -Martin est de bonne foi quand il nous dit que la principale de ses prétentions était . de persuader aux autres qu’il n'était qu’un pauvre pécheur.
Toutefois, si son orgueil n’est que de la reconnaissance, sa reconnaissance a des paroles étonnantes et des formes à elle. Elle pose. Du moins elle ajoute aux mots pauvre pécheur ceux-ci : « pour qui Dieu avoit des bontés infinies. » Cela sentie favori. Mais rien ne l'emporte sur les faits; Saint-Martin avait réellement dans la vie cette sorte d’humilité qu’il professe, et d’après des traditions auxquelles je dois la plus sincère déférence, il la portait empreinte sur toute sa personne. Ce fut celte inaltérable humilité qui inspira la plus haute admiration à la sceptique amie à laquelle il offrit le beau portrait dont j’ai parlé. Seulement il y avait1 bien dans cette tenue si modeste quelque chose qui rappelait « l’épée au côté » d’Henri IV ; mais cette épée n’était chez lui que sa reconnaissance enthousiaste pour les communications divines dont il se sentait honoré : son humilité se ressentait de son exaltation mystique. Aussi n’est-il pas besoin de témoignages externes à ce sujet quand un homme droit comme lui écrit ceci : « Sans ma grande aflaire, j’aurois pu devenir encore plus nul et plus méchant que les autres hommes, étant né beaucoup plus foible. » (Portr., 666.)
Quel est celui d’entre nous qui mettrait sur lui-même dans ses mémoires ou dans son portrait ces mots : «encore plus nul et plus méchant? »
Cette sévérité pour sa personne, d’autant plus grande