‹ Saint-Martin, le philosophe inconnu, sa vie et ses écrits, son maitre Martínez et leurs groupes d'après des documents inéditsChapitre 67 sur 360 · MADAME DE CHABANAIS · texte numérisé non relu

MADAME DE CHABANAIS

ou par leurs propres passions et par leurs propres préjugés. » •

C’est un peu les maltraiter ou se traiter trop bien soimème, ce semble.

« Celles qui m’ont laissé me montrer ce que je suis ne m’ont pas repoussé, et au contraire elles m’ont aidé à me montrer encore davantage. Parmi celles qui m’ont le plus fait sortir de moi-même, je dois compter la marquise de Chabanais. Bien entendu que ma B. est avant tout. »

La plus éminente de toutes les personnes qui l’ont aidé le plus à sc montrer , c’est donc madame de B., que par abréviation Saint- Martin nomme souvent trèssimplement ma B.

Qui est cette personne si éminente? qui est ma B.?

C’est ce que nous dirons un peu plus tord, et avec tout le développement que demande la question ; mais, puisqu’il paraît que les rapports de Saint- Martin avec madame la duchesse de Bourbon remontent à cette époque, écartons à l’instant même la seule interprétation qui ait eu cours jusqu’à présent et qui est tout à fait fausse. J’entends celle qui prétendait reconnaître sous ces initiales madame la duchesse de Bourbon ellemême. M. de Saint-Martin était gentilhomme, de petite maison, il est vrai, mais bien élevé, et jamais il n'appela une princesse du sang ma B. Il fut l’ami intime de la duchesse de Bourbon ; il fut en quelque sorte sou directeur spirituel ; mais ce n’est jamais dans un style d’intimité, c’est, toujours dans le langage commandé par l’élévation du rang de la princesse, et avec les convenances que lui impose sa propre éducation, qu’il en

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