‹ Saint MartinChapitre 137 sur 317 · CHAPITRE Y · texte numérisé non relu

CHAPITRE Y

même sur le territoire le plus rapproché de lui , et qui dut être le principal théâtre de ses prédications, il fut certainement devancé, et plusieurs des églises placées sous le vocable de saint Martin durent exister avant son passage, sous l'invocation de l'évèque de Tours par conséquente Beaucoup plus tard seulement, la renommée du pontife, survivant à celle de l'abbé, put à son tour déposséder celui-ci de quelques-uns de ses sanctuaires, ou du moins engendrer rinccrlilude. En résumé, il est à peu près impossible de déterminer exactement la part respective des deux apôtres du bas Poitou; mais on peut dire que cette région, prise dans son ensemble, a été successivement évangélisée par l'un et par l'autre.

L'île d'Yeu est encore un terrain en litige entre les deux mêmes saints. Elle est couverte de souvenirs variés, légendes, chapelles, pierres, ponts, rapportés par les uns à l'évèque de Tours, par les autres à l'abbé de Vertou. Mais aucune trace d'une authenticité réelle n'apparaît de ce côté, et le seul fait qui puisse donner quelque vraisemblance à l'apparition de Martin dans l'antique Oia, c'est que cette île, riche en monuments druidiques ou soi-disant tels, dépendait, elle aussi, du diocèse de Poitiers. L'île de l»é n'(HaiL pas dans le même cas; mais elle était très proche de l'extrémité méridionale du bas Poitou. Elle possède des traditions analogues, et le nom de saint Martin est resté, comme l'on sait, à' son chef-lieu-.

En Saintonge, nous retrouvons enfin des indices positifs.

' D'après M. Benjamin Fillon, dunt les communicalions ni'onl élé l'ort utiles, il conviendrait au moins de renfermer le patronage et Taposlolat de S. Martin de Vertou dans \e pagus Raciaiensis , borné ^3ar la Loire, la Sèvre nantaise, la iMaine, le Lay et l'Océan. Bien que cette circonscription se soit appelée plus lard le comté d'Herbauges, il faut se garder de confondre cette dernière ville, détruite vers 580 par un tremblement de terre, en punition du mauvais accueil fait à la parole de l'abbé de Vertou, disent les hagiographes, avec l'antique Raciale. M. Longnon a développé les raisons qui obligent à identifier le cheflieu de ce nom et le bourg actuel de Rézé. {Géogr. de la Gaule, p. '669.) = 2 Communication de M. l'abbé Baudry. Mémoire de Joussemet, loc. cit.

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