ART DU XVII» SIÈCLE ÉCOLE FLAMANDE
i( Le Manteau partagé. i> (Voy. la notice de la pl. IV.) Tableau de Rubens (1577-1640), aujourd'hui conservé dans la Golleclion royale d'Angleterre.
Dessin de Bocourt, gravé par Thomas.
Dans un village voisin de Saintes, dit Grégoire de Tours, à qui les habitants garantirent le fait, l'homme de Dieu, traversant le pays , demanda de Teau à un paysan : il essuya un refus brutal. Une femme, à laquelle il s'adressa ensuite, lui accorda généreusement à boire pour lui et pour son âne. Afin de la récompenser, il fit jaillir en ce lieu une source abondante, dont l'onde pure, au temps de l'historien, alimentait tout le pays, dépourvu d'eau jusque-là*. Le village en question (Najogialum) est aujourd'hui Nieul-lez-Saintes : il se trouve, en effet, sur un coteau, à une lieiie environ du ruisseau le plus rapproché ; on y montre encore un bassin profond , très large , dont la géologie ne peut expliquer la formation, et remplissant, par conséquent, toutes les conditions du fons immensus dont parle Grégoire ^ Martin parcourut aussi une partie du diocèse d'Angoulême; car, d'après le même auteur, il consacra un oratoire à Sirojalum, localité qu'on a prise longtemps pour Ciran- la -Latte (Indre-et-Loire), mais qui ne peut être que Sireuil (Charente) ^. On croit qu'il prêcha aussi aux environs de Paiffec^ : cette partie de l'Angoumois confinait, en effet, au théâtre de ses premières missions. Pour le Limousin, qui se llatte de l'avoir possédé, l'on ne peut faire que de vagues conjectures, dans lesquelles il est inutile de nous lancer. Mais le Bordelais a des titres plus sérieux : les légendes du roc de Saint-Martin, près la Motte (Gironde), de la Font-Sainl- Martin, près de Doulezon, les nombreux autels élevés dans cette région en l'honneur de l'évêque de Tours % qui par eux-mêmes seraient des indices peu significatifs, empruntent une valeur réelle au voyage fait par le saint pour se rendre au concile de Bordeaux. Nous savons, d'ail-
1 Vin. s. Mari., IV, 31. = 2 V. Loiignon, op. cit., p. 558. Le village de Nye- Juillers ne répond pas plus au Najogialum dont il s'agit que les autres localités du nom de Nieul ou NieuUe. Encore moins peut- on placer la scène à Rioux- Martin (Charente), comme quelques auteurs Tout l'ait. =; 3 Grég., Virt. S. Mari., 1, 18. Cf. Longnon , op. cil., p. 5S'i. = * Communication de M. le curé de Salles (Charente). = ^ Communication de M. Léo Drouyn, de Bordeaux.