‹ Saint MartinChapitre 167 sur 317 · ART MODERNE · texte numérisé non relu

ART MODERNE

(1 Saint Marlin au milieu d'un groupe de Confesseurs (saint Nicolas, saint Patrice, saint Remi et saint Médard).

Peintures murales d'Hippolyte Flandrin (1809-1864) à la basilique de Saint- Vincent- de-Paul de Paris.

Dessin de Pasquier, gravé par Pannetieii.

solitaire emporte de son voyage la ferme volonté de devenir, lui aussi, un grand évèque : il s'appellera plus tard saint Amand d'Utrecht'. Grégoire de Tours lui-même, simple diacre alors, vient du fond de l'Auvergne chercher sa vocation et la santé auprès du grand thaumaturge, sans se douter qu'il sera un jour son continuateur et le narrateur de ses gloires ^ Interrogeons ce témoin oculaire qui, pendant vingt-deux ans, reçut les pèlerins dans sa cité épiscopale : il nous dira que, de son temps, des foules sans nombre, appartenant à toutes les classes sociales, et principalement au peuple, arrivaient à Tours des contrées les plus diverses et les plus lointaines. En comptant seulement les malades dont il cite la guérison dans son livre des Miracles de saint Martin, on trouve qu'ils étaient envoyés par l'Anjou, la Bretagne, la Normandie, Paris et ses environs, le Vermandois, la Champagne, le Sénonais, l'Orléanais, le Berry, l'Auvergne, le Limousin, le Poitou, le Périgord, la Biscaye, l'Albigeois. Quant aux pèlerins étrangers, on ne pouvait guère indiquer leur pays d'origine : on ignorait la ])Inp;u't du temps leur langue. Saint Nizier, évèque de Trêves, pai'le aussi avec admiration de la multitude des aveugles, des sourds, des muets, des lépreux, des infirmes de toute espèce qui encombraient alors la basilique de Tours ^ D'après la vie de saint Déicole, écrite un peu plus tard, la renommée de ce sanctuaire, le parfum des grâces qui s'y répandaient avaient flni par remplir l'univers et défiaient toute comparaison '*.

A l'époque carolingienne, le concours des princes, du clergé et du peuple est toujours considérable, bien que d'autres sanctuaires commencent à partager avec celui de saint Martin la faveur publique. En 708, le roi Pépin, revenu victorieux de sa campagne contre le duc d'Aqui-

1 Vie de S. Amand, dans D. Bouquet, III, 532. = 2 Virt. S. Mari., I, 31. = 3 D. Bouquet, IV, 77. = < Acla SS.jaiu, II, 200.

Page 1