‹ Saint MartinChapitre 199 sur 317 · CHAPITRE VI · texte numérisé non relu

CHAPITRE VI

ciborium figurant un dôme ou une coupole. Tout autour, on exposa également six autres châsses, contenant les reliques des saints évèques de Tours qui avaient été ensevelis auprès de saint Martin, Brice, Euphronc, Eustoche, Perpétue, Grégoire, et ceux do saint Épain, martyr. Dès lors, l'apparence du monument funèbre se trouva entièrement modifiée. Cessant d'offrir l'aspect d'un sépulcre enfoui en partie sous le sol, il se présenta sous la forme d'un autel chargé de reliquaires, supportant le corps au lieu de le renfermer comme dans la dis})osition primitive, et, par conséquent, ne servant plus à dire la messe ^ L'ancien tombeau , devenu un petit caveau souterrain, demeura vide, et fut même oublié peu à peu, tandis que la dénomination de tombeau de saint Martin passait à l'ensemble des riches ouvrages exécutés au-dessus ^ A la même époque, sans doute, on érigea derrière ceux-ci, tout à fait aufond du sanctuaire , un autel très élevé, qui fut appelé l'autel du Pardon ou de la Confession, et qui permit de célébrer les saints mystères, sinon sur le corps comme autrefois, du moins en face^

Le nouveau monument fut d'abord entouré d'une grille de fer. Mais bientôt Louis XI, dans sa prodigalité intéressée envers le patron de la France, remplaça cette clôture par un treillis d'argent, en reconnaissance de la défaite et de la mort du duc de Bourgogne, son plus terrible adversaire. Ce treillis, orné de fleurs de lis, pesait six mille sept cent soixante-seize marcs. 11 fut exécuté par Jean

1 Monsnyer et Chevalier, ibid. Cf. le ms. 1021 de la hil.l. de Tours, f- 142. Gervaise, p. 424. L'Italien Florio, qui visita la Tour.iiin' un |hmi |,1us liir.l, no pai'le du tombeau que comme d'un autel surmonté (!■• i li;ls.-cs. iMi'in. ilc la Soc. nrrkàd. 'le Tours, VII, 98.) Sur le vitrail donné à ^aiul -.Martin par Louis XI ( t n iinVriilant ce prince à genoux devant le londjeau , celui-ci avait la l'orme il III] aiili l ; mais on ne voyait dessus qu'une seule châsse. = - Ils sont appelés, dans une délibération eapitulaire de 149'i, nepulcruin sive capsa gloriosissimi confessoris. (Baluze, vol. LXXVII , 395.) = ^ l'.n l '.ii.o, l'arcbcvèque de Tours demandait à dire la messe coram rorpoir. (Ibid., 1'" 3(;i v.) Les comptes de fabrique du xvi" siècle parlent de la recoiixlruclion de Laulel du Pardon : donc il existait antérieurement, et sans doute dans la même l'orme.

ART CONTEMPORAIN ÉCOLE FRANÇAISE

Il Saint Martin convertit sa mère. " Sulpice Sévère, dont le témoignage est si grave et l'autorilé si grande, raconte en quelques mots cet épisode très important et qui n'a jusqu'ici donné lieu à aucune œuvre d'art : Matrem gentilitalis absolvit errore, paire in malis perscveranle. Le pèro do saint iMartin, vieux soldat, refusa en effet de suivre rexciniili- ili' ranime d, iiioiinil païni. ( V. Sulpice Sévère, Viia sancli Martini , Ci , el , diiu> io jin^sriii Hmv, l.i p. 1 ii].)

Gallanl, orfèvre du roi, et posé au mois de juillet 1479'. Quelques années auparavant, le même prince avait fait placer en face de la châsse sa propre statue en argent, avec une inscription en lettres émaillées ; il était représenté dans l'attitude d'un suppliant, comme s'il eût voulu demeurer jour et nuit prosterné devant le corps saint Mais ces riches offrandes ne tardèrent pas à exciter la convoitise de ses besogneux successeurs. Charles VIII songea un instant à faire enlever le précieux grillage : son commissaire ayant été frappé de mort subite, l'entreprise fut suspendue. La crainte d'un semblable châtiment n'arrêta pas le roi François I''''. L'esprit moderne, monté sur le trône avec lui, commençait à en bannir la religieuse terreur inspirée par les saints. Lorsque la défaite de Lautrcc dans le Milanais et la déclaration de guerre de l'Angleterre mirent ce prince aux abois, en IS22, la basilique de Saint-Martin fut englobée parmi les églises qui devaient livrer au trésor, sous la forme d'un prêt plus ou moins forcé, l'argenterie qu'elles possédaient. En vain la ville de Tours offrit de racheter le fameux treillis et d'en payer la valeur intrinsèque en plusieurs termes : on voulait battre monnaie tout de suite. Les délégués du roi se présentent donc au chapitre, le 24 juillet, et demandent la remise du fameux treillis. Les chanoines répondent qu'ils ne peuvent retirer de leur sanctuaire un objet offert à Dieu et à saint Martin sans encourir la censure ecclésiastique et la privation de leurs bénéfices ; d'ailleurs, le treillis, tenant « à fer et à clous », est réputé immeuble et ne peut être vendu ni engagé. Excuses

1 Archives d'Indre-et-Loire, G 693. CL Grandmaisou, La Grille d'argent de Saint-Marlin , Tours, 1863, iii-8". = 2 On lit dans un compte royal : A André Mangot, orfèvre à Tours, 5 liv. 5 sous, pour une pièce platto d'argent doré pesant une once six gros, et en icelle avoir l'ait escrire et graver en lettres esmaillées : Rrx Fr,n,n,r„,n I.inlovinis M hoc fecil ficri opus, anno M CCCC LXXIUl , ipii a rrrli' mise ili'\;inl l;i ih.issc de nions. S.Martin de Tours, du commandenii'iil (lu r!()\ . sur uik^ scmhiaucc du Roy faite d'argent. i> (DeLaborde, Renaissance des «r/v, 1 ,

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