‹ Saint MartinChapitre 203 sur 317 · CHAPITRE VI · texte numérisé non relu

CHAPITRE VI

diabolique s'accomplit donc, et le feu consuma le corps de saint Martin dans un coin de son église, près du portail méridional. Son chef et le riche reliquaire qui le renfermait avaient eu le même sort, ainsi que la plui)art des reli(]ucs des autres saints conservées dans la basilique'. Le lendemain, le chapitre enregistrait sans commentaires ce désastre inouï :

<( Le mardi 26 du mois de may, monsieur Jacques Bru- « net, sous-doyen, a dit et rapporté en la présence de mes- « sieurs du chapitre, congrégés dans la maison de la psal- « lette des enfants de chœur (les huguenots s'étant emparés « de l'église, des galeries et de la salle capitulaire), que, le « jour d'hier, après-dîné, 25 du présent mois, monsieur le « comte de la Rochefoucauld et monsieur du Vigent, accom- « pagnez de plusieurs gentilshommes, et en la présence « dudit sousdoyen , de monsieur Philippcs du Guy, cham- « brier, de messieurs les lieutenant Gohyer, procureur du « roy Iloudry, et l'avocat du roy Falaiseau, ont fait brûler « dedans les fourneaux faits dans ladite église, pourfendre « les reliquaires, joyaux, etc., les corps et ossements de « monsieur saint Martin et de monsieur saint Brice »

Ce crime de lèse-patrie, qui anéantissait à la fois une des gloires les plus chères de la France et les chefs-d'œuvre de l'art national, n'a pas son égal dans notre histoire : les

' Le chapitenu d'or du reliquaire conlonant le chef de S. Martin et le pied du même, en vrniK'il, riirciil fondiis dès h^s premiers jours, ainsi que les moulures et les cli.iiiiliMiix i\r 1,1 L'i'.iiidr i li;î--r. ( lu Jelu encore au feu une mitre dite de S. Martin, di - r-i,iiiics du lucnliriiivux d une quantité d'autres, une grande coupe dite di' I ■.li.ii jriiKigne, des n-uvres d'art antiques, un oi-true à tuyaux d'argent . l ie , r\i-. Apn-s quoi La Rochefoucauld et ses coniplires se liiviil il. livrer par le rli,i|iiii c un rertillcat constatant qu'ils n'avaient ju is que les icliipiaires , les j'j\.iu\ , pi'iles et les pierreries! (Mss. de Baluzc, loc. cil.; ms. 12.S'i de Tours, t :vi i l suiv. Cf. l'inventaire publié par Gervaise, p. 424, et le procèsverhul in-. i (' p:ir M. (irandmaison dans le recueil de la Société des bibliophiles de Touraine, an. 1863.)= ■ Acte capitulaire, rapporté par Gervaise, p. 344. Pour l'ensemble des faits, voy. le môme, p. 342 et suiv. Ms. 1284 de Tours, f" 32 et suiv. Dom Ilousseau, vol. X, n» 4320. Monsnyer, an. 1562. Chalmel , p. 162, 177. Grég. de Tours, éd. Huinart, II, li (note de l'éditeur), etc.

vandales de 1703 n'en ont pas fait autant. Ses auteurs, du reste, n'en recueillirent point le fruit qu'ils espéraient. « Rien ne contribua plus à rendre les huguenots odieux aux bons Français, dit un ancien historien, que leurs outrages aux reliques de saint Martin '. « Leur cause était désormais perdue dans l'opinion de la nation. Dieu ne pcimit même pas que leurs intentions sacrilèges fussent intégralement remplies. D'abord, les matières d'ur et d'argent (jui avaient été enlevées à Tours, évaluées par les uns à huit cent mille livres, par les auti'es à plus de cinq millions de notre monnaie -, furent dilapidées en grande partie, et ne procurèrent aucun avantage à leurs armes. En outre, une petite partie des reliques du thaumaturge put être sauvée du feu par un des marguilliers , nommé Saugeron, au moment oîi on les jetait dans le fourneau. Ces débris, si heureusement réservés ù la vénération des siècles futurs, comprenaient un fragment du crâne et un os du bras, ainsi que l'étoffe de soie qui enveloppait directement le corps ^ C'était plus qu'il n'en fallait pour attirer encore les pèlerins et perpétuer le culte qu'on avait prétendu supprimer.

Dès que la paix fut à i)eu près assurée et l'autorité royale rétablie dans la ville de Tours, le clergé de Saint- Martin commença courageusement à effacer les traces de ce terrible orage. Des mains pieuses avaient ramassé une pallie des cendres du bienheureux au moment de sa cré-

I DiiliMS, 1, ivvniiclM^ ]r r,„,li,,,i;,lrur .Ir 1:, 0'„//;„ rlirislinHa.

raconte qu'il ne serait resté des corps saints jetés au li'u i|uo ^ ileux iH.iignécs i', l'une de S. Martin, Tautre de S. Brice, lesquelles aiiraicnl été s,iu\éi's par le P.Roy, c-armo (le Tours , plus une cole ol ipii'l(pu?s ;nilri's ivli(|ues rclroux (■es ensuite. ( Marlcui , l'ir ,lr S. M,niiii, p. 7(1 cl . Cf. V.tr.ulls (In iik'iik;. ,

2= parterre, p. l'i.; ('.clic V(■r^i(lll est en ((iiilridlicl!..!! ^(\cc les pnicc^- vciIimux aulli(^iili(pics. l,'iii(-\,-(clilu(lc de l'autour sur ce poiul i;(pil.(l (ji]ip('( lic de 1(>

l(M(v> (Il -, -iiiiil- d.dis le cloître de Saint-Martin : rinsl.iirc de ces niaiu ,(i> jcurs coMiplc assez (rii((rrours sans cela.

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