‹ Saint MartinChapitre 207 sur 317 · CHAPITRE VI · texte numérisé non relu

CHAPITRE VI

sure avec bonheur qu'il n'est que peu endommagé, et que la partie supérieure seule fait défaut. Le lendemain, l'archevêque, le clergé, la Société archéologique de Touraine viennent visiter les fouilles et vérifier l'authenticité de la découverte. Désormais c'est un fait acquis : on est rentré en possession de l'antique tombeau de saint Martin, plus précieux et plus vénérable cent fois, dans sa forme grossière, que le monument somptueux qui l'avait remplacé depuis le xv° siècle. On n'a peut-être pas les pierres mêmes qui composaient la maçonnerie intérieure du sépulcre-autel érigé par saint Perpétue : une vive discussion, dans laquelle il serait trop long d'entrer ici, s'est élevée sur ce point entre les archéologues tourangeaux, et de part et d'autre on a fourni d'assez bonnes raisons ^ Mais, que les matériaux de cette petite construction soient réellement ceux de l'époque primitive ou qu'ils aient été renouvelés depuis, soit après les ravages des huguenots, soit à un autre moment, il n'en est pas moins hors de conteste, et là-dessus tous les juges compétents sont d'accord entre eux comme avec les documents écrits ou figurés.

1 V. les rapports de Ms'- Chevalier et de M. Ratel, la Notice sur les fouilles de Saint - M arlin , i)ar M. Grandmaison, etc. Au moment même où s'achevait l'impression de ce chapitre. Mer Chevalier publiait, modifié et augmenté, son rapport sur le tombeau et sur le marbre de S. Euphrone ( Le tombeau de S. Martin, Tours, 1880, in -8"). 11 ne traite plus directement la question du caveau retrouvé; mais il reprend l'historique du monument depuis l'origine, ëon exposé est d'accord avec les pages qui précèdent sur les points essenliels, notamment sur la formed'autel alTectée jadis par le sépulcre. Seulement, il ne fait remonter cette forme qu'au temps de S. Éloi , qui aurait fabriqué, outre la freda, un nouveau cercueil, et il suppose que le corps du saint aurait été renfermé jusque-là dans le sarcophage primitif , en marbre. Le pseudo-Herberne, dont l'auteur rejette et admet tour à tour le témoignage, le procès- verbal de 1323 et la vie de S. Éloi elle-même contredisent cette version : c'est à S. Perpétue ()u'il faut rapporter l'établissement de la sépulture définitive. Ms^ Chevalier, négligeant certains termes formels de Grégoire de Tours, veut aussi que le tombeau , malgré sa forme , n'ait jamais servi d'autel , et conteste le culte rendu , à l'origine, aux confesseurs. Sur ces points de détail , comme sur la destruction totale du tombeau souterrain par les huguenots, son opinion me paraît beaucoup trop absolue (le lecteur en a vu les preuves), et, dans l'ensemble, son travail ne saurait en rien modifier les idées que je viens de développer.

que l'on a la terre sur laquelle les restes de l'apôtre national ont séjourné et la cavité qui les a contenus durant dix siècles. Nous pouvons donc, suivant la conclusion de la commission, nous prosterner, en toute certitude et con-

fiance, devant ces ruines inestimables, et baiser le sol où fut déposé, le 4 juillet 473, le corps de saint Martin'. A quoi tiennent les choses, et par quelles voies mystérieuses

> Notice sur le tombeau de S. Martin, p. 3.5.

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