XXII I
ART CONTEMPORAIN ÉCOLE FRANÇAISE
" Apologue des oiseaux pêcheurs. i> Un jour, cheminant le long de la Loire, saint Martin fit remarquer à ses disciples certains oiseaux pêcheurs qui épiaient les petits poissons, les happaient et les mangeaient : " Voilà bien, leur dit-il, " l'image des démons. Ils guettent les imprudents, les saisissent et les dévorent. " (Voy. Sulpice Sévère, Epist. 3, el, dans le présent livre, les pp. 348, 349.)
Composition originale de Luc-Olivier Merson , gravée par Chapon.
pella. Mais, si celte élymologie est généralement acceptée, les critiques modernes sont beaucoup moins d'accord sur la nature de cet objet sacré. Les uns veulent qu'il ait été un fragment du manteau fameux donné par le saint au pauvre d'Amiens ^ ; et, bien que Ton s'explique difficilement, à première vue, comment une des moitiés de ce manteau a pu être conservée pour la postérité, il est certain que l'importance toute particulière qui s'attachait à la chape, les honneurs extraordinaires qu'on lui rendait, justifient suffisamment cette opinion. D'autres pensent que c'était simplement un de ces voiles qui avaient recouvert son sépulcre et dont la piété publique se disputait, comme nous venons de le voir, les moindres morceaux ^ Cette version n'a aucune vraisemblance, car jamais on n'eût donné à une tenture le nom de manteau, et le mot cappa ou son diminutif cappella n'a jamais, à l'origine, désigné autre chose que ce vêtement. Un simple souvenir du tombeau n'était pas, d'ailleurs, chose assez rare pour être environnée d'un éclat aussi exceptionnel. D'autres enfin ont cru à l'identité des mots cappa et capsa, ce qui les a amenés à confondre volontairement la chape avec la châsse, et à prendre la première pour un reliquaire contenant des ossements ^ Bignon, le savant commentateur de Marculfe, a émis le premier cette idée; mais, depuis les derniers progrès de la philologie, il n'est pas plus permis de s'arrêter à son hypothèse qu'à celle des profonds chercheurs qui voudraient tirer du grec le nom de nos chapelles. La première explication est donc encore celle qui choque le moins la raison, et, si l'on ne veut pas admettre que la chape fût un
1 V. Galland, Traité hislorùjue de la chape de S. Marlin , Taris, 1037, in-4". Chalmel, p. 147. De Rozière, loe. cit. = 2 Gervaise, p. 299. Dupuy, p. 357. Ruinart, od. de Grégoire de Tours, Virl. S. Mari., 1,11, ikiIc M'f Chovalior, dans sa récente brochure(p. 12), avance comme un lail posiliT la cliapo élail un riche sm)'<om/(?J (jui avait couvert le sarcophage ilr S. M.n lin : . 'csl une pure supposition, qu'aucun texte n'appuie. =; ' Monsnyi'r, p. 3(1. Ghahni^l, /oc. cit. Marculfe, éd. Bignon, p. 3(l'i.