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EGLISES DE LA FRANCE CENTRALE ET MERIDIONALE

OH TONS muiiitenaiit de la Touraine, car nous aui-ions à visiter, dans le (lioccso du irrand évoque, tant de paroisses, laiil (le cliapelles, tant d'ancuMis jirieurcs, ({u'il faudrait l)orncr la notre voyage. Parcourons à grands pas la région centrale de la France.

Nous devrions y faire aussi une quantité de stations, puisque saint Martin, vivant (ju mort, a ti-averst; celle contrée a dillerentes reprises. Voici du moins, en commençant par la province ecclésiastique sur laquelle s'étendait sa suprématie, les églises les plus dignes d'attention au point de vue qui nous occupe.

Saint- Martin d'Angers. P'ondé en 1020 par le comte Foulques d'Anjou, sur l'emplacement d'une chapelle plus ancienne, avec un chapitre de treize chanoines. Type curieux de l'art angevin. Nef ruinée du xi" siècle; chœur charmant de la fin du xn*"; portes à la romaine et coupole de lurme carlovingicnnc. Vendue à la Révolution, cette église a été détruite en jjartie de 1828 à 1829. Il a été plus d'une fois question de la rendre au culte. Deux statues de saint Martin qui en proviennent, dont l'une en argent, sont conservées à la cathédrale d'Angers et à l'église de la Bohalle^

Saint- Martin de Glanfeuil (Maine-et-Loire). Premier sanctuaire consacré à notre bienheureux dans le diocèse d'Angers. Fondé en 543 par saint Maur, qui avait appris de saint Benoît à honorer spécialement l'évèque de Tours , et qui choisit sa sépulture dans cet oratoire, comme son maître dans la chapelle de Saint-Martin au Mont-Cassin. Quatre églises furent érigées par lui dans l'enceinte de son célèbre monastère; il dédia les trois autres à saint Pierre, à saint Michel et à saint Séverin. Son logis particulier était situé près de celle de Saint-Martin; il y allait prier toutes les nuits, et il y fit plusieurs miracles ^

Saint -Martin de Lamballe ( Côtes - du - Nord ). Ancien prieuré dépendant de Marmoutier, fondé en 1084 à la suite d'une donation de Geoffroy Botrel , comte de Penthièvre et de Bretagne ; aujourd'hui paroisse. L'édifice actuel remonte en grande partie à l'époque de cette fondation. Pèlerinage ancien, où survit la curieuse tradition de saint Généfort^

Saint-Martin de Pontlieue (Sarthe). Ancien hospice {xenodochium et matricula) desservi par des moines, établi vers

1 V. Bodin, Becherches sur l'Anjou, I, 106. Lenoir, Archii. monast., II, 29, 81, 123. Quicherat, Revue archéol., an. 1834, p. 676. Porl, Dicl. hist. de Maine- el- Loire , au mot Angers. — - Acla SS. jan., I, 1047 et suiv. Port, op. cit. = 3 Communication de M. le curé de Lamballe. Martène, Hist. de Marmoutier, 11 , 74. V. ci-dessus, p. 2.36.

la fin du vi"" siècle par saint Bertrand, évêque du Mans, en exécution d'un vœu fait à saint Martin tandis qu'il était prisonnier de guerre des Austrasiens. D'après les statuts de ce prélat, qui avait déposé sa chevelure sur le tombeau du bienheureux confesseur et imitait son ardente charité, seize pauvres, aveugles ou infirmes, devaient être nourris et entretenus à Pontlieue; tous les pèlerins, tous les malheureux passant par là avaient le droit de se faire donner le nécessaire ; un dîner était offert à l'évêque et au clergé le jour de la fête de saint Martin, qui de son vivant avait dii certainement traverser cette localité. Charlemagne confirma, en 802 , les possessions et privilèges de l'hospice. Le diocèse du Mans est, du reste, un de ceux où le patronage de l'évêque de Tours a été de tout temps le plus répandu

Saint- Martin de Vendôme (Loir-et-Cher). Le culte du saint a également un de ses centres les plus marqués dans le Vendomois : des autels lui ont été dédiés à Montoire, à Troô, à Lavardin, à Saint- Martin -du-Bois, à Fréteval, à Lancé, à Morée, etc. Au milieu de ce groupe domine Saint- Martin de Vendôme, bâti à la place d'une église antique, fondée dès le iv° siècle et terminée seulement en 1139; il offre un spécimen de l'art de la Renaissance et du style de transition. L'érection de ces divers sanctuaires s'explique assez par le passage du pontife et le grand miracle opéré par lui à Vendôme ^

Saint-Martin-au-Val ou Saint-Brice à Chartres. Ancienne basilique et abbaye, où, dès le vi" siècle, saint Léobin, évêque, et saint Laumer, abbé, se firent ensevelir; donnée à Marmoutier en 1128, et aux capucins en IGO^'j. Des travaux récents ont fait découvrir dans le clucur de l'église supérieure des restes remarquables d'architecture romane. La crypte, antérieure à l'an 1000, est encore plus curieuse.

1 Pardessus, Diplomata, charUv, etc.. 1, Wo.Acla SS. jimii, 1, 71 i. 1). Bouquet, V, 768. = 2 Revue archéol.. an. ISo'i, j). 702. Scmainr retojiruse de Tours, an. 1871, p. 3 et suiv.; communication de M. le euro ilc tfaiiil-Marlia-du-Bois.

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