‹ Saint MartinChapitre 239 sur 317 · CHAPITRE VII · texte numérisé non relu

CHAPITRE VII

On pense que c'était le lieu de sépulture des premiers chrétiens de la ville de Chartres, que saint Martin le Blanc (Candidus), un de ses plus anciens évèques, devint le premier patron de la basilique après y avoir été enterré, et que l'évêque de Tours lui fat substitué ensuite à cause de l'éclat des miracles qu'il fit dans le pays '.

Saint-Martin d'Olivet, près d'Orléans. Un souvenir encore à cette église privilégiée. Quand le roi Glovis eut donné aux pieux solitaires Euspice et Maximin les terres comprises entre la Loire et le Loiret, ils commencèrent, pour assainir ces marécages, par élever un oratoire en l'honneur du saint que leur bienfaiteur aimait tant. En 990, Hugues Capet confirmait à l'église d'Orléans la possession de cette chapelle, devenue plus tard le siège de la paroisse d'Olivet. Cette localité portait elle-même le nom de Saint- Martin-sur-Loiret. On a vu plus haut quelle circonstance providentielle a resserré les liens qui l'unissaient à l'apôtre des Gaules. La relique du manteau a été retrouvée audessus d'un remarquable tableau de Noël Ilallé, qu'on admire encore au fond du sanctuaire. Un asile pour la vieillesse, créé par M. l'abbé Méthivier sous l'invocation de saint Martin, achève de rendre sa mémoire populaire parmi les habitants d'Olivet '.

Saint -Martin de Nevers. Ancienne abbaye, fondée avant l'an 700, puis devenue un simple prieuré, qui fut donné aux chanoines augustins vers 1120. Un historien raconte que saint Jérôme, évêque de Nevers, mort en 81G, se retira dans ce monastère à cause de la détresse de son église : il n'avait plus qu'un âne pour monture ! Mais c'est plutôt lui qui secourut les moines, puisqu'il répara leur maison. Ses successeurs avaient coutume de se rendre en pèlerinage à cette église avant de prendre possession de leur

I Gall. christ., VllI, 1209. Martène, op. cit., 1], 67-70. Revue archéol., an. 1857 , p. 685 et suiv. = 2 D. Bouquet , X , 557. Notice sur les œuvres paroissiales de Sainl-Murlin d'Olivet, pur l'aLbo Méthivier, p. 15.

ART CONTEMPORAIN ÉCOLE FRANÇAISE

(1 Mort de saint Martin. <> Le Saint mourut le 8 novembre 397 , dans i'iiabitation du presbyterium qu'il avait fondé à Candes. Il avait pressenti l'heure de sa mort. Après avoir prononcé cette magnifique parole : Non recuso laborem; après avoir dit : « Ils sont rudes, Seigneur, les combats de votre milice sur la <i terre, et j'ai déjà combattu bien longtemps; mais, si vous l'ordonnez, je rem- II plirai jusqu'au bout mon service sous vos étendards; i> il s'étendit doucement sur un lit de cendres, et mourut triomphalement en jetant un dernier défi au démon. (Voy. Sulpice Sévère, Epist. 3, et, dans le présent livre, les pp. 360- 363.)

Composition originale d'Emile Lafon, gravée par Rousseau.

siège, comme font encore les cvêques de Chartres à Saint- Martin-au-Val. C'était une belle et touchante pensée d'aller, au moment d'assumer le fardeau de l'épiscopat, prier le modèle des pontifes et méditer sur ses grandes actions'.

Saint-Martin de Clamecy (Nièvre). Collège de chanoines institué en 1075 par Guy, vicomte de Clamecy, pour desservir une ancienne chapelle de Saint-Martin dépendant de son château. Édifice du xiu° siècle, avec des parties plus récentes. Portail très remarquable de la fin du xv", offrant, sculptés dans sa quadruple voussure, trente-deux sujets tirés de l'histoire ou de la légende du patron de l'église. Déambulatoire coupé à angle droit derrière le sanctuaire ^

Saint-Martin d'Autun (Saône-et-Loire). Célèbre abbaye, bâtie vers 599 par la reine Brunehaut, qui honorait l'évèque de Tours comme son protecteur spécial et lui éleva des sanctuaires dans une quantité de lieux. Elle y prodigua les colonnes de marbre, les bois précieux, les mosaïques, et elle y choisit sa sépulture. Le pape saint Grégoire le Grand la félicita, en 602, de sa généreuse fondation et concéda des privilèges à l'établissement. Détruit parles Normands, puis relevé par Charles le Chauve et par le comte Bodilon, enrichi et protégé par les princes, ce monastère posséda au moyen âge jusqu'à trente mille manses. Au siècle dernier, il était encore florissant et appartenait aux bénédictins de la congrégation de Saint-Maur. Selon quelques auteurs, il aurait succédé à une église de Saint-Pierre-et- Saint-Paul érigée par l'apôtre des Gaules en personne, à l'endroit où il renversa le fameux pin. De toute sa splendeur il ne reste qu'une ruine ^

1 Acla SS. oct., III, 169. Gall. christ., XII, 675. Culte de S. Martin en Nivernais, par Mer Crosnier. = ^ Msr Crosiiier, op. cit., p. 20; Répert. archéol. de la Mèorc, p. 41 . = 3 D. Bouquet, III, 118, 460; IV, 33, 36. Acta SS. apr., II, 70.;; auij., VI, 87. Martèue, Hist. de Marmoutier, I, 34. D. Pilra, S. Léger, p. 214 et suiv. Buliiot, Essai sur l'hist. de Saint-Martin d'Autun. V. cidessus, p. 30'J.

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