CHAPITRE VII
il organisa son premier monastère et où saint Ambroise eut plus tard une vision à son sujet. Dans la première de ces deux villes, il a eu longtemps sous son patronage San- Marlino fuori porta, église et hôpital fondés par Lolhairc, roi d'Italie, aujourd'hui transformés en établissement industriel, et San-Martino in pieira lata, qui a été réuni aux bâtiments de l'Université; dans la banlieue, et près de l'endroit où il habitait, San-Martino in terra arsa, dont il
Fi«. 7'J. — Italie. — Saint- Martin du Lucqucs.
a été question plus haut. A Milan, il avait San-Martino in Nosiggia, San-Martino in Compito, et Saint-Martin-des- Orphelins {maintenant / Marlinetti). Dans les plaines lombardes, son nom est partout : à Lodi, à Mantoue, à Magenta, et particulièrement dans le diocèse de Bergame , parsemé de chapelles en son honneur, la plupart fort anciennes. De là, sans doute, son patronage s'est étendu dans le Padouan, puis en Vénétie, à Murano, à Chioggia, où son image occupe le centre d'un retable en vingt-sept compartiments, daté de 1340; à Burano, où il figure dans les armoiries de la ville,
LES ÉGLISES DÉDIÉES A SAINT MARTIN r]8o
et à Venise même, où il eut pour sanctuaire un édifice encore existant, bâti avant le xiv« siècle, restauré au xvi" par Jacopo Sansovino. Dans une autre direction, son culte a envahi le Piémont, où les San- Martine surgissent aussi à chaque pas, et jusqu'aux rameaux des Alpes, où le marquis Boniface de Montferrat, cet habitué du pèlerinage de Tours, ne contribua pas peu à le répandre. Mais, en dehors de ces foyers principaux, que d'églises remarquables il faudrait
Fig. 80. — Italie. — Saint - M:
signaler encore! Deux à Bologne, dont l'une fondée vers 450 par l'évèque Petronius; une à Ravenne, remontant à Théodoric et dédiée depuis à saint Apollinaire ' ; deux à Pise, avec un hôpital pour les pauvres pèlerins; une à Lucques, l'insigne métropole érigée au vn^ siècle par l'é-
' Il ne faut pas confondre cet ancien monastère de Saint- Martin de Ravenne avec la basilique où Fortunat obtint sa guérison en faisant usage de l'huile de la lampe qui brûlait devant l'autel de Saint-Martin et sous son image. Celle-ci était dédiée aux saints Paul et Jean. Mais, du reste, un passage de Grégoire de Tours nous donne à entendre que les oratoires de Saint-Martin étaient fort nombreux dans le pays environnant. ( Virl. S. Mart., I, 13.)