‹ Saint MartinChapitre 33 sur 317 · CHAPITRE II · texte numérisé non relu

CHAPITRE II

l'a inscrit au catalogue de ses saints'. N'eût-il fait que donner saint Martin à l'Eglise, il serait digne d'être honoré.

La ville de Pavie a conservé le souvenir du sé-jour du pieux ('iir;nil dans ses murs. Klie |)()ssè(l(^ piusieui's saiicluairt's plaet'S sous sou iiivocalion , depuis les Icnips les plus reculés; et c'csl eu inénioirc de ce même séjdiM'. s.iiis doute, que des domaines d(!pendanl de simi lenilnire luicnl dnuués au monastère de Saiul -Marliu de 'l'oms à r('-p(ique de Charlemagnc , ou même avant. Un de ces domaines comprenait la basilique de San-Martino in terra arsa, située à deux kilomètres de Pavie, au delà du Gravellone, (jui est un ])ras du Tessiu, et eousacrée, diton, par saint Germain d'Auxerre loi's de son passage dans le pays. C'est près de cette église qu'aurait été élevé Martin, si l'on en croit la tradition et les historiens locaux. <Juelques-uns assurent même que le nom de terra arsa [)rovieid d'un feu céleste qui serait tombé sur le sol, à cette i>laee, entre l'enfant et sa nourrice^. Ce dernier mot serait au moins inexact; car, ainsi que nous l'avons vu, le tribun pannonien ne dut venir en Italie qu'un certain nombre d'années après la naissance de son fils, lorsque celuici n'était plus d'âge à avoir une nourrice : on pourrait tout au plus l'accepter dans le sens de « bonne d'enfant^ ». Mais il vaut mieux, ce seml)le, admelti'e l'opinion la plus commune, d'après laquelle l'appellatif en question serait dû simplement à la nature du teri'ain d'alluvion, sec et

' Ilalia sacra , 1, 1078. = - Communications de M. Crs;iic C.nntù, de révêclic de Pavie et du bibliothécaire de l'université de. (■■■Ilr vilir. I.f 1*. Romuaklo ajoute, après Cnrli, dans sa Flavia Papia sacra . lliico, vouant de

Tours, alla visiter celle l)asili(|uo (ou son cni|ihii-ei]ienl j. Cf. de Laïulihus Pap'ar. rli. \ i, (l;iii> Muriilori, Srrijil. rrr. ilal., tome XI; Robolini, Notizic apparlrtiriiii alla ^Icria ilclla juitria . luiiin pari. I, p. 3il ; et, ci-après, le cbapilri; consarié aux églises de Saint- Martin à Tétranijcr. = Celle invention d'une nourrice de saint Martin à Pavie ne viendrait -ellr pa- d'iiini interprétation trop littérale du texte de Sulpice : Ticini alilus est/ Alitus si- disait de l'éducation en général; les habitants de Pavie l'auront seulenicul l'nli'iiilii de l'allaitement.

sablonneux, qui supportait l'église : en effet, toute la zone environnante est désignée aussi par le nom de Siccomario. Gela n'empêche pas la tradition relative au voisinage de la demeure de Martin d'être fort respectable. La construction d'un temple en son honneur, dans un siècle si rapproché du sien, donne encore une nouvelle f(»ree à cette antique croyance. Mais il n'en est pas de niènio de celle qui veut que notre futur apôtre ait été baptisé dans la cathédrale de Pavie : tout le monde sait qu'il reçut le baptême longtemps après avoir quitté l'Italie, et lorsqu'il était à l'armée; Sulpice Sévère en témoigne formellement. Peut-être ceux qui ont répandu cette fausse version ont-ils confondu le baptême avec l'admission au nombre des catéchumènes; effectivement, c'est dans l'église épiscopale de Ticinum, sans aucun doute, que Martin franchit ce premier pas de sa carrière chrétienne.

Bientôt après, il se donna tout entier avec une ardeur extraordinaire aux œuvres de Dieu, et il avait à peine douze ans, qu'il « convoitait déjà la solitude' ». C'était, en elTet, le temps où commençaient à se répandre en Italie la notion et le goût de la vie monastique. Sans doute, le grand saint Athanase n'avait pas encore amené à Rome ces solitaires de la Thébaïde, dont l'étrange aspect devait faire rire quelques païens et faire pleurer les vrais disciples de Jésus- Christ. Il n'avait pas encore remué le monde et poussé des multitudes vers le cloître avec sa célèbre Vie de saint Antoine. Mais il ne faut .pas croire que les Pères du désert fussent complètement ignorés avant son apparition en Occident. Depuis longtemps déjà, de nombreux pèlerins s'en allaient vénérer les lieux consacrés par le passage du Sauveur, et rapportaient en Italie, en Gaule et ailleurs, les nouvelles de l'Orient chrétien, le bruit des merveilles qui se passaient au fond de l'Egypte ou de la Palestine ; et précisément ce

' Mox mirum in modum totus in Dei opère conversus, cum esset annorum duodecim, eremum concupivit, etc. (Sulpice Sévère, loc. cit.]

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