‹ Saint MartinChapitre 54 sur 317 · CHAPITRE III · texte numérisé non relu

CHAPITRE III

est donc fort possible que la halte des pieux pèlerins ait eu lieu dans un de ces deux endroits.

En somme, le voyage de Martin à Rome est dans l'ordre des faits très probables, et il nous est doux de penser qu'un de ses premiers soins, après avoir reconquis S(ni indépendance et avant de se lancer dans la carrière apdsLoliipie, fut d'aller demander au prince des apùLrcs et à son successeur la force, l'inspiration, la constance qui font les confesseurs et les martyrs. A tout le moins , son séjour à Trêves et ses relations avec saint Maximin doivent demeurer hors de doute. Cette ville était alors le grand centre religieux de la Gaule; il y fut attiré tout naturellement. La présence de saint Athanase dans ses murs avait fait du bruit. Il voulut se joindre, sans doute, aux disciples que ce fervent propagateur du monachisme y avait laissés à son premier passage, et il dut même avoir le bonheur de le rencontrer en personne à sa seconde visite, en 345; car à ce moment Maximin se trouvait à Trêves pour recevoir le patriarche d'Alexandrie et par conséquent Martin n'était point encore parti pour Rome avec lui : leur pèlerinage commun ne s'effectua qu'un peu plus tard, comme l'indique, du reste, la légende qu'on vient de lire. On imagine aisément le caractère et le sujet des entretiens qui eurent lieu entre trois personnages de cette qualité et de cette vertu. Les récits d'Athanase sur la vie de saint Antoine et des autres Pères du désert charmèrent leurs heures de loisir, et consolidèrent la vocation de l'ancien soldat de César. Ils échangèrent leurs idées, leurs vœux, leurs projets pour le triomphe de l'Église. Ils prièrent ensemble pour le salut de la Gaule, et, comme ils étaient trois. Dieu fut avec eux, selon sa promesse. Martin, déjà moine de fait, ressentit ainsi directement l'influence du champion le plus zélé de l'institut monastique et la contagion de son enthousiasme. Quand

' Chronique syriaque; Quest. hist., II, 93.

on songe à louLes les ai'deurs ({uo dut lui communiquer un pareil contact, à toutes les impressions profondes qu'il dut remporter de ces premières années de sa vie religieuse, et de sa visite au tombeau des apôtres, et de ses rapports avec les plus intrépides pontifes de l'époque, on ne peut plus s'étonner de l'énergie qu'il déploya dans sa longue campagne contre l'idolâtrie et l'arianisme.

^ NE circonstance providentielle amena bientôt Martin dans le Poitou, et le donna pour jamais à cette région centrale de la Gaule qui devait s'enorgueillir de le posséder.

I^P' L'évêque de Trêves était Poitevin, <^ et son frère Maxence occupait luimême le siège épiscopal de Poitiers. Une véritable colonie de compatriotes était allée se grouper autour de Maximin, qui, tout le premier, avait été attiré dans la métropole des Gaules par un saint évêque de son pays, nommé Agricius, auquel il succéda. Saint Paulin, saint Lubentius, saint Castor, saint Quiriace, qui illustrèrent

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