CULTE RENDU AUX SAINTS. — EXERCICE DES DROITS DE METROPOLITAIN
évêché, saint Catien, et à Marmoutier. Si évangélisateiir de la recouvert cliez nous
.\ N des prnicipaux soins du pontife poila sur les honneurs à rendre aux saints et sur la propagation de Iciii' culte parmi les fidèles; et (■('U(! préoccupation se liait encore .1 < (;llede l'organisation des églises. Ail premier rang des bienheureux auxciuels il voulut rendre et faire rendre des hommages publics , il faut placer le fondateur de son dont il retrouvait les vestiges à Tours le corps et la mémoire du plus ancien contrée échappèrent à l'oubli qui a tant d'apôtres de la première heure,
CIIArMTRE IV
s'il fut honoré clans un sanctuaire cligne de lui, cjui devait prendre un jour son nom , c'est à la vénération fdiale de Martin qu'on le dut; et cette dévotion a quelque chose de touchant chez celui qui allait bientôt éclipser lui-même par l'éclat de son culte et de sa basilique le premier évêque du pays. 11 alla d'abord à la recherche de son tombeau, situé dans l'ancien cimetière des chrétiens, hors de la cité. Les restes (le (ialien n'avaient i)as encore été retirés de cette sépulture ])rimilive et obscure, la seule que la rigueur de la persécution eût permis de lui donner. Il se prosterna publiquement devant la pierre qui les recouvrait, récita des prières, lut un chapitre de l'Écriture sainic; puis il dit à haute voix : « Homme de Dieu, donne-moi ta bénédiction! » Et la tradition rapporte, par la bouche de Grégoire de Tours , qu'on entendit cette réponse: « Toi aussi, bénis-moi, je te prie, serviteur du Seigneur! » Les assistants étaient saisis de stupeur, et répétaient qu'avec Martin habitait l'Esprit qui jadis évoqua Lazare du sépulcre ^ Le pontife fit ensuite la translation du corps saint dans l'église bâtie par Lidoire, et le déposa près du tombeau de ce dernier ^ Nous avons vu, en effet, que le deuxième évêque connu de la ville de Tours avait établi dans l'enceinte de la cité la première basilique du lieu, et que cette basilique, formée de l'hôtel d'un sénateur, n'était autre que la cathédrale. Telle était déjà l'opinion de dom Ruinart, basée sia^ une phrase de Grégoire qui, si on lui prêle un peu d'attention, ne laisse point de place à un autre sens^ Cependant quelques érudits modernes, tels que Mabille, l'abbé Bourassé, l'abbé Chevalier, ont compris que Lidoire avait érigé deux églises, l'une qui fut le siège de la cathédrale, l'autre en dehors de la cité, à douze ou quatorze cents mètres des remparts. L'existence de cette seconde basilique, qui aurait porté
1 Crég., Glor. Conf., A. = 2 Grég., Hisl., X, :U. = 3 //;,; a-difœavil ecdesiam primam infra nrbem Turonicam, cum jani midli christiani fsscnt, primaquc ab eo ex clomo cujusdam senaloris hcisilica fada est. (Ilncl.)
SAINT MARTIN ÉVKOUE
le vocable de son IbnclaLeur même, ne repose sur aucune base sérieuse. MM. Bourassé et Chevalier ont prétendu en fixer l'emplacement sur le terrain occupé de nos jours par la rue Saint- Lidoire, sous prétexte qu'il exista là, jusqu'en 1357, une chapelle du même nom'; mais cette chapelle, d'après Mabille, ne remonte pas au delà du xi° ou du xif siècle, et, d'ailleurs, une basilique des plus anciennes et des plus vénérables n'eût guère pu devenir un simple oratoire, à une époque où toutes les églises tendaient, au contraire, à s'agrandir et à s'enrichir. Mabille, reconnaissant l'invraisemblance de cette version, a pensé que l'c'glise de Saint -Lidoire était le monastère de Saint- Médard , lequel aurait pris cette dernière dénomination avant le siècle. 11 a allégué une bulle d'Adrien II, datée de 871, constatant que les corps de saint Catien et de saint Lidoire reposaient alors à Saint-Médard, qui venait d'être dévasté par les Normands ^ Mais ces corps avaient pu être transférés là momentanément, comme l'ont conjecturé les deux auteurs ci-dessus; le trouble apporté par les invasions, une simple réparation de la cathédrale justifieraient suffisamment un déplacement de ce genre, et les annales du temps nous en offrent beaucoup d'exemples. Quelle apparence, en outre, que le nom d'un saint local , et d'un des premiers pontifes de la ville, se soit effacé devant celui d'un évêque de Noyon n'ayant rien de commun avec la Touraine? Et pourquoi Lidoire aurait-il été créer une basilique aussi loin de la cité, lorsque celle-ci en possédait à peine une dans son enceinte, lorsque le nombre des fidèles était encore si restreint dans la campagne? On objecte un autre passage de Crégoire, où, énumérant certains offices institués par saint Perpétue dans l'Eglise de Tours, il écrit que « la vigile de la fête de saint Lidoire se célèbre dans la basilique de ce
' Recherches /u's/. ci archcol. sur les é(iliscs romanes en Touraine, p. 8, 9, 27, etc. r= 2 JYoticc sur les divisions terrilorialcs de la Touraine, p. 113.