LA VIE PAROISSIALE VIE SPIRITUELLE
Dans une paroisse, comme dans toute organisation religieuse et même sociale, c'est la vie de l'esprit, la vie de l'âme, la vie spirituelle qui importe avant tout : c'est elle qui entretient la vie véritable de tout l'organisme.
Pour que la paroisse, même aux États-Unis, atteigne sa fin première, le salut des âmes et ses autres fins d'ordre social, patriotique, et même d'ordre temporel, il faut donc que la vie spirituelle, la vie surnaturelle, la piété y soit florissante et robuste.
La piété se nourrit et s'entretient de la prière, des sacrements, des pratiques domestiques de la vie chrétienne, de l'honnêteté des mœurs. Et la prière par excellence, la plus puissante auprès de Dieu, la plus bienfaisante à l'âme, c'est la prière officielle et publique de l'Église, la prière liturgique, qui n'est pas séparable des sacrements, qui entre dans ce que nous pourrions appeler leur confection et leur administration. Le plus grand des sacrements est la sainte Eucharistie, qui est aussi comme sacrifice la plus grande, la plus puissante, la plus sainte des prières.
Comme sacrifice et comme sacrement, comme prière et comme nourriture, l'Eucharistie est le centre de la vie paroissiale, comme l'autel et le tabernacle sont le cœur de l'église et comme l'église
elle-même est le centre de ralliement de toute la paroisse.
Une paroisse où tout le monde va régulièrement, fréquemment à l'église, assiste à la messe des dimanches et fêtes et même des jours de semaine ; une paroisse où les communions sont nombreuses, fréquentes et, conséquemment, aussi les confessions, est une bonne paroisse, une paroisse florissante, une paroisse pleine de vie et de vigueur spirituelle.
Observons donc, à ce point de vue, la vie de la paroisse Saint-Mathieu.
Chaque dimanche et fête d'obligation, il y a quatre messes régulières à heure fixe, avec prône et courte instruction à l'assistance. Il y a de nombreuses communions, surtout naturellement aux deux premières messes de 7 et de 8 heures. Sur semaine il y a aussi chaque matin deux messes régulières et plusieurs communions à chaque messe. Nombreuses assistances aux messes et nombreuses communions aux premiers vendredis de chaque mois. Les fidèles peuvent régulièrement se présenter au confessionnal tous les jours, avant ou après les messes, et aussi dans l'aprèsmidi et la soirée, la veille des dimanches et des fêtes.
Tous les dimanches, à trois heures de l'aprèsmidi, a lieu le chant des vêpres, suivies de la bénédiction du Saint-Sacrement. Une fois par mois, à l'heure des vêpres, a lieu l'assemblée des deux sociétés des femmes et des jeunes filles, avec instruction, prières et bénédiction du Saint-Sacrement.
Ces deux sociétés, comme celles des hommes, sont de plus invitées à faire une communion gêné-
raie avec les autres personnes de leur catégorie, une fois par mois, et cette communion générale est toujours annoncée, avec quelques paroles d'exhortation, le dimanche précédent. Ainsi les femmes mariées sont invitées à venir communier le premier dimanche du mois. Les filles ont le deuxième dimanche ; les enfants, le troisième, et les hommes, le quatrième. Ceux-ci ont leur réunion régulière de la Ligue du Sacré-Cœur et Société du Saint- Nom de Jésus tous les trois mois, les enfants, groupés dans la société des Cadets du Sacré-Cœur (130 membres) et des petites filles de l'Immaculée-Conception (175 membres), l'ont tous les mois.
C'est pour entretenir la vie eucharistique comme la piété en général et la pratique des vertus chrétiennes, que M. le curé Laliberté, aidé de ses dévoués vicaires a pris soin d'établir et de maintenir dans sa paroisse lo La Ligue du Sacré-Cœur, société du Saint Nom de Jésus, 403 membres, aflaliée régulièrement à l'Apostolat de la Prière et comprenant deux sections : l'une pour les hommes mariés et l'autre pour les jeunes gens. 2o La Congrégation des Dames de Sainte-Anne, 357 membres, affiliée à l'archiconfrérie de Sainte- Anne de Beaupré, 3o La Congrégation des Enfants de Marie, 217 membres, agrégée à la Primaprimaria de Rome.
A ces organisations, déjà si efficaces pour maintenir la ferveur et entretenir la vie chrétienne, le fondateur et premier curé de la paroisse a voulu en ajouter deux autres : celle de l'Adoration diurne, qui pourvoit à ce qu'il y ait tous les jours de semaine, de huit heures du matin à huit heures du soir, deux personnes et même plus devant le Saint- Sacrement dans la chapelle ; celle du Chemin de la
Croix, érigée régulièrement dès 1908, qui compte cinq cents membres s'engageant à faire ce pieux exercice au moins une fois par semaine.
Comme nous l'avons indiqué, il y a prône et instruction à toutes les messes du dimanche et des fêtes d'obligation et surtout aux deux dernières messes. Les enfants ont de plus leur catéchisme régulier fait par un prêtre, chaque semaine, à part le catéchisme enseigné à l'école par les religieuses. Les enfants qui ne fréquentent pas les classes de l'école paroissiale reçoivent chaque semaine deux heures et demie de catéchisme, distribuées en trois leçons de cinquante minutes chacune. Ils doivent fréquenter ces catéchismes jusqu'à l'âge de 16 ans.
Chaque année une fois, et même deux fois en certaines années, il y a mission ou triduum pour ranimer la piété et stimuler d'une façon un peu plus eflBcace ceux qui pourraient se négliger, et l'on appelle alors un prédicateur du dehors pouvant attirer davantage l'attention et faire plus d'impression.
C'est ainsi que sont venus prêcher à Saint-Mathieu pendant les dix premières années de la paroisse les RR. Pères Jésuites Louis Lalande (2 fois), Pierre Prince (2 fois), Lemay, C. Chaput, I. Adam (2 fois), les Pères du Sacré-Cœur de Swanton, Frécot, Aubin, Guttin, M. l'abbé Defoy, le R. P. Prosper, Capucin, et le R. P. Hénault, Oblat.
Tous ces missionnaires se sont plu à reconnaître le zèle, l'activité, la régularité, le savoir-faire et le dévouement du curé et des vicaires, des deux derniers du moins, de la paroisse Saint-Mathieu. Ils ont également loué et admiré la piété, le bon esprit, la régularité, le dévoûment généreux et persévérant des paroissiens. Ils ont constaté, en travail-
lant à la perfectionner encore, que la vie spirituelle de la paroisse était digne de la meilleure tradition catholique, digne aussi du zèle et de la bienveillance que n'a cessé de témoigner le vénérable évêque de Providence au curé de Saint-Mathieu et à ses paroissiens.