XIV INTRODUCTION
rhistoire, — profane ou sacrée, peu importe, — il s'agit avant tout d'établir nettement les bases de la connaissance, qui sont ici, uniquement, les témoignages ; on ne saurait trop insister sur ce point. Donc il faut se borner à discuter la valeur des témoignages, ce qui revient, en somme, à apprécier la valeur des témoins. Tout argument emprunté à un autre ordre d'idées doit être soigneusement écarté. Le texte du témoignage étant reconnu authentique, — car c'est par cette recherche^ évidemment, qu'il faut commencer, — avonsnous des raisons plausibles pour suspecter la bonne foi ou l'intelligence du témoin? Tout est là; et le simple bon sens d'un juge de paix en remontrerait, sur cette matière, aux plus subtils critiques.
Récuser un témoin parce qu'il vous déplaît ou parce qu'il ne pense pas comme vous, quoi de plus inique, quoi de plus absurde ! Et c'est pourtant ainsi que procèdent la plupart des savants lorsqu'il s'agit d'histoire sacrée.
Pour ce qui concerne la vie des saints, dont nous avons à nous préoccuper ici, le système de ces prétendus critiques s'étale dans toute sa naïve audace en une foule d'ouvrages récents,