‹ Saint MathildeChapitre 13 sur 43 · XVI INTRODUCTION · texte numérisé non relu

XVI INTRODUCTION

il n'est pas difficile de défaire ou de refaire l'histoire, et de prouver que les anciens n'y entendaient absolument rien. Aucun saint, aucun grand homme, aucun peuple ne résisterait à pareille critique. Rien de plus simple que cette façon de démolir les renommées qui paraissaient le mieux établies !

Nos pauvres aïeux ne pouvaient trouver grâce devant ces farouches démolisseurs. Songez donc, des hommes dumoyen âge! Comment peut-on être du moyen âge ! Est-ce qu'on ira leur demander de l'intelligence, de la bonne foi, de la véracité? On a inventé pour eux Yad- \eciiî moyen-âgeux^ qui a fait fortune dans la petite presse quotidienne. A priori^ tout ce qu'ils racontent n'est qu'un tissu de légendes, de fables, de mensonges, d'inepties.

Voyez plutôt la biographie la plus ancienne de sainte Mathilde, rédigée quinze ans après la mort de la reine, ou la Vie plus récente, écrite un quart de siècle plus tard, sur la demande de son petit-fils, l'empereur Henri*, que nous

I. Sur rancienne Biographie, voir à l'Appendice, le résumé de l'intéressante dissertation de Fœrstemann. Quant à la seconde, voici ce qu'en disent les Bollandistes :

a La vie de sainte Mathilde, écrite par l'ordre de son petit-fils Henri II (saint Henri), avait été conservée en ma-

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avons la faiblesse, nous autres, d'appeler saint Henri : le critique allemand a trouvé, dans ces deux biographies, un certain nombre de faits qui se rencontrent également, présentés à peu près avec les mêmes expressions, dans des biographies de saintes plus anciennes. Donc l'auteur a pillé ses devanciers et n'a songé qu'à orner sa sainte de toutes les vertus possibles, sans se préoccuper de ce qui appartenait [ou non à Mathilde elle même : donc il ne mérite nulle créance pour son histoire tout entière. Ou encore il a orné son récit de certaines phrases ou parties de phrases empruntées à des textes connus, à des classiques tels que Virgile ou Térence : donc il n'a écrit cette biographie que pour faire preuve d'esprit, pour étaler son érudition, en même temps qu'il flattait le prince

nascrit dans les archives du monastère de Saint-Pan talëon, à Cologne ; ce monastère avait été fondé par le fils de Mathilde, Tarchevêque saint Brunon. qui s*y était fait ensevelir; on s'explique ainsi le soin jaloux avec lequel on avait toujours veillé sur ce manuscrit. Il fut publié pour la première fois, au XVI* siècle, par Jean Gamansius. Quelques extraits et un résumé avaient] été insérés dans les Chartes de Cologne, mais ce ne sont que des fragments tronqués et sans grande valeur. Le chroniqueur Thietmar en avait cité des passages dès l'an 1013. » — Le plus ancien manuscrit de cette Vie se trouve actuellement à la Bibliothèque royale de Bruxelles.

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