VI INTRODUCTION
faits à des écrivains ou à des biographes antérieurs, et que le critique qualifie si rigoureusement de plagiats^ s'expliquent par une habitude reçue à cette époque, et dont personne ne s'offusquait. Les auteurs, quand ils avaient à raconter des faits ou à traiter des idées que d'autres avait racontés ou traités avant eux, ne se faisaient aucun scrupule d'employer les expressions, de copier la phrase ou le passage tout entier de leurs devanciers. C'était se donner, à bon marché, si l'on veut, la réputation de bel esprit. Mais que celui de nos érudits qui n'a jamais rien emprunté ni copié leur jette la première pierre ! Au X* et au xi* siècles, on y mettait moins d'habileté, on copiait plus naïvement ; voilà toute la différence. Mais cela n'empêchait pas ces prétendus plagiaires d'être de fort honnêtes gens, et de dire la vérité, ou ce qu'ils croyaient sincèrement être la vérité.
Certains faits, attribués par eux à sainte Mathilde, sont racontés, il est vrai, de là même façon, dans la Vie de sainte Radegonde, de sainte Gertrude, de sainte Cunégonde, ou ailleurs. Mais est-il donc impossible que deux saintes femmes, deux reines, se soient con-