XXXII INTRODUCTION
naissance à une brillante fortune, aura toujours plus d'attraits et produira plus de fruits, à raison même de notre tendance naturelle à vouloir sans cesse nous élever au-dessus de notre condition.
Que l'on ne nous accuse donc pas de vouloir introduire ou ramener je ne sais quelles tendances aristocratiques dans un domaine où la première loi est celle de l'égalité devant Dieu et devant la vertu. Nous nous bornons à mettre les choses au point, en maintenant aux sommets de l'histoire ceux que Dieu et les événements y ont placés en réalité.
La reine Mathilde a eu la rare fortune d'être la compagne, la mère, l'aïeute et la bisaïeule de princes vraiment grands, supérieurs à leurs contemporains, et que l'histoire mentionnera toujours avec éloge; mais elle a eu le bonheur, bien plus rare, d'être la tige de toute une famille de saints, d'être sainte elle-même : et, à ce double titre, elle a droit à une place des plus glorieuses dans les annales de la sainteté chrétienne non moins que dans celles de l'humanité.