‹ Saint MathildeChapitre 38 sur 43 · I. Voir au chap. ii ci-dessus, p · texte numérisé non relu

I. Voir au chap. ii ci-dessus, p

se perfectionner à la fois dans la science et dans la pratique du christianisme. Beaucoup d*entre elles ne faisaient pas de vœux et ne prenaient pas le voile. Cette maison futdésafTectéeen i535 de sa destination première et servit dès lors a l'éducation des jeunes filles protestantes; elle est restée ainsi, avec ce caractère religieux et une partie de ses attributions, juvsqu'en i8o3. (V. ci-dessus, p. 3^, note i). Aujourd'hui les bâtiments sont aux trois quarts vides; une petite partie en est occupée par des eroplojés des domaines. Quant à Téglise attenant au couvent, on a déjà vu, plus haut, qu*elle est devenue luthérienne; elle sert d'église paroissiale depuis 1812.

Les biographes mentionnent un couvent d'hommes fondé par la sainte, à Quedlinbourg également, dans la vallée (tandis que le couvent des dames était sur la hauteur). C'est en 961, — sept ans avant sa mort,, par conséquent, — rque la reine fonda ce couvent de bénédictins, situé en effet au pied de l'église du château. Dès 11 48, il fut occupé par des Prémontrés. Détruit de fond en comble pendant la guerre des paysans, au commencement du xvi® siècle, il fut reconstruit en partie et changea de destination à plusieurs reprises. Le gouvernement de Westphalie le vendit en 1806, et ce n'est plus aujourd'hui qu'une propriété particulière.

Nous ne citerons que pour mémoire le couvent de Gernrode (Gerenrod), dont un biographe attribue la fondation à Mathilde, tandis que d'autres documents affirment qu'il fut bâti par le margrave Géron.

Il est possible que la reine se soit intéressée à ce monastère et ait fini par passer pour sa fondatrice, de simple bienfaitrice qu'elle était, a Bien d'autres couvents furent encore fondés par elle, » ajoute le biographe, et l'on peut admettre qu'elle en a réellement construit ou restauré un certain nombre dont les noms ne sont point venus jusqu'à nous*.

Deux d'entre eux cependant sont connus : celui de Polden ou Pôhlde (voir p. y S ci-dessus), où avait été rassemblée, d'après les termes de l'ancien biographe, a une communauté de clercs » (la reine se trouvait dans cette ville lorsqu'elle reçut pour la dernière fois la visite de son fils Henri de Bavière) ; et celui de Nordhauseu (Northusen ou Northusium), qui parait avoir été l'objet de sa prédilection toute particulière. Ce fut, on se le rappelle, avec l'assentiment de son petit-fils Otton le Jeune (Otton II) qu'elle fonda ce monastère (probablement vers 964, au moment où elle se tourmentait tant pour son fils, l'empereur Otton, alors en Italie). « Elle y avait réuni une troupe de sœurs pour le salut de leur âme et de leur corps comme pour le sien, et aussi pour le salut de l'âme du roi Henri et de son fils préféré, qu'elle avait mis au monde dans cette ville même et h qui elle avait donné le nom de son

i. Il faut citer encore, cependant, le couvent de Memleben, dont il est parlé plus haut (au commencement du chap. m), et, sans doute, celui d'Ëngerhen, dont la fondation a été attribuée, peut-être sans motifs plausibles, à notre sainte (roir p. 4^ ci-dessus).

père. » Ce couvent fut entièrement construit par Mathilde et elle eut pour lui, pendant les quelques années qu'elle vécut encore, une sollicitude vraiment maternelle. On a vu, plus haut, avec quelle insistance elle supplia son fils, revenu d'Italie, de ne point abandonner sa chère maison de Nordhausen quand elle ne serait plus là pour la soutenir; on a vu également qu'Otton, plein de déférence pour le vœu de sa mère, se rendit avec elle dans cette ville et prodigua ses largesses au monastère. Sur le point de mourir, la reine recommande encore sou couvent de Nordhausen aux bons soins de son petit-fils, l'archevêque de Mayence. Elle venait, à la veille de sa dernière maladie, de passer quelque temps auprès des religieuses et de leur abbesse, Richburg, qui paraît avoir été, durant ses dernières années, sa confidente et son amie. Elle se crut obligée, a son grand regret, comme on Ta vu, de refuser au couvent la faveur de posséder un jour sa dépouille mortelle, parce qu'elle avait son tombeau tout indiqué à côté de celui de son époux, à Quedlinbourg. Mais elle légua une bonne partie de son douaire à la maison de Nordhausen, et l'empereur, non content d'exécuter avec empressement cette dernière volonté de sa mère, demanda encore et obtint a Rome des privilèges particuliers pour le couvent qui lui rappelait de si touchants souvenirs»

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