REV. P. HENRI ROUTHIER, O.M.I
Provincial des Oblats
Les dernières années du Père Delmas
Ceux qui avaient connu ie P. Delmas dans la cinquantaine ne pouvaient se lasser d'admirer sa stature imposante, sa forte carrure, son torse d’athlète et ses muscles d'acier, gages et présages d’une longue et brillante carrière. Cependant, dix ans plus tard ce corps vigoureux était déjà miné par l’étreinte du mal qui devait l'emporter. A cette époque il commença déjà à se plaindre de malaises indéfinissables, étouffements, accablement, affaissements, qui apparaissaient surtout à la suite de brusques changements de temps. C'était le coeur qui fonctionnait mal. Il essaya toutes sortes de remèdes et de traitements qui lui donnaient l'illusion d’une amélioration passagère.
En 1936, au mois de février et aussi au mois de septembre, il eut deux crises plus douloureuses qui l’obligèrent à aller à l'hôpital St-Paul de Saskatoon; mais l’administration de son école qui le tracassait tant, l’arracha trop vite au repos prolongé que le docteur lui conseillait.
A partir du 27 novembre les crises cardiaques devinrent de plus en plus fréquentes et violentes. En outre la jambe gauche commença à enfler et cette enflure résistait à tous les bons soins de la soeur infirmière. ‘J'ai attendu tant que j’ai pu avant d’aller à l’hôpital, écrit-il le 24 décembre. Ce n'est que quand j'ai vu que je ne pouvais plus rien faire et que je devenais même un embarras à l’école, surtout au temps de Noël, que je me suis décidé à m'y rendre, dimanche dernier, 20 décembre. Je suis encore sous observation. .. Le docteur McDonald vient d'arriver et il me dit que, quand j’ai eu une attaque de coeur en février et aussi en septembre dernier, j'aurais dû garder le lit plus longtemps: mais maintenant il m'a remis aux soins du docteur Balzan, spéclaliste pour les maladies de coeur, qui me dira quand m'en aller et quoi faire.”
Ce dernier diagnostiqua une phlébite de la jambe gauche, en plus de la maladie de coeur. “Pourtant, ajoute le P. Delmas, il se fait fort de me remettre sur pied; mais il ne dit pas sur quel pied. Je crains que ce soit sur un pied qui ne sera pas bien solide. On me fait maigrir; mais il y avait déjà trois mois que je maigrissais auparavant.”
Le 31 janvier 1937, le P. Delmas fut heureux d'annoncer de meilleures nouvelles à son provincial: “La phlébite est passée sans J'infiammation de la jambe que craignaient les docteurs. Maintenant on soigne cette jambe gauche deux fois par jour avec des bains de soleil artificiel. La langue se nettoye: l’appétit revient; mais la “low caloric diet” continue à faire disparaître mon