‹ Saint-Michel de Duck-Lake: épreuves et progrès d'une école indienne durant un demi-siècle, 1894-1944Chapitre 15 sur 22 · CHAPITRE IX · texte numérisé non relu

CHAPITRE IX

Les Auxiliaires

Qu'on ne s'étonne pas si, jusqu'ici, les louanges n'ont été déversées que sur les principaux; elles leur revenaient de droit puisqu'ils avaient été seuls responsables de l'administration et de la direction de l'établissement. Ce sont eux qui l’ont mené à bon port malgré les récifs et les tempêtes.

Cependant, que pourrait faire le meilleur des capitaines pour atteindre son but et sauver la cargaison du navire quand il n'est pas aidé par un équipage choisi et habitué à tous les secrets de la manoeuvre et à tous les rouages de la machinerie? Il lui faut un personnel nombreux: un lieutenant qui puisse le remplacer au besoin, un commissaire pour l’approvisionnement, un mécanicien pour l'entretien des machines, un médecin, des matelots, des chauffeurs chargés de fournir la vapeur pour Ja marche régulière du navire. Si au milieu de la traversée, l’un ou l’autre de ces services importants venait à manquer, le capitaine se verrait, malgré sa compétence, acculé à l'inaction ou au désastre.

Sans vouloir pousser trop loin la comparaison, il faut reconnaître que le principal d’une école ne pourrait pas faire grand’ chose à moins d’être secondé par le dévouement d’un personnel intéressé et dévoué, prêt à exécuter ses moindres ordres et à prévenir ses plus chers désirs. Il lui faut un assistant rompu aux délicats rouages de l’administration et capable de le remplacer pendant ses absences et de l’aider en tout temps. Il lui faut un habile mécanicien pour veiller au bon fonctionnement des diverses machines et pour les réparer en cas d’avaries. Il lui faut un fermier instructeur pour assurer le bond rendement de la ferme et enseigner aux enfants qui lui sont adjoints le moyen d’y contribuer. Enfin que pourrait-il faire sans ces maîtres et maitresses chargés de la formation religieuse, intellectuelle et technique des pupilles qui lui sont confiés par les parents et l'Etat? C’est pour cela qu'ils ont tous droit au respect et à la reconnaissance, quelles que soient les humbles fonctions qu'ils remplissent.

Toutefois, qu’il nous soit permis de classer dans une catégorie à part les membres de la Congrégation des Oblats de Marie Immaculée, Pères, Frères Scolastiques et Frères Convers, envoyés par leur supérieur à l’aide du principal de l’école Saint-Michel. Les uns occupèrent des postes importants où ils ont laissé leur marque; d’autres n’eurent que d’humbles occupations et restent presque oubliés. Les uns vécurent à Saint-Michel assez longtemps pour pouvoir jouir du fruit de leurs efforts; d’autres ne firent

que passer en accomplissant un travail pénible et ingrat dont ils devinaient à peine l'utilité; d’autres enfin, avant d’avoir pu faire valoir la somme de leurs talents, sont morts à la tâche, emportant dans la tombe les regrets, non seulement du personnel et les élèves, mais aussi des officiers du bureau des Indiens qui, les ayant vus à l’oeuvre, avaient su les apprécier à leur juste valeur. Leur Congrégation leur sera reconnaissante pour ce qu’ils ont fait pour une oeuvre qui lui est si chère et Dieu les récompensera pour ce travail qu’ils n’ont entrepris que pour Sa gloire et le salut des âmes.

A la place d'honneur parmi les dévoués auxiliaires du principal de l’école Saint-Michel, nous devons placer les Religieuses de la Présentation de Marie et leurs Directrices; sans elles l’oeuvre eut été vouée à un lamentable échec, sinon à une perte irvréparable. En effet, pour arriver à toute fin pratique, il fallait que l'instruction ménagère des jeunes filles fit pendant à l’enseignement agricole des garçons. Il ne suffisait pas de former de bons cultivateurs chrétiens pour peupler les réserves; il fallait aussi qu’on put y trouver, non pas des femmes savantes, mais de sages maîtresses de maison, de bonnes mères de familles dont

Une ancienne élève SOEUR GREYEYES Congrégation des Soeurs Grises de Montréal

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