LES AUXILIAIRES
chacune put mériter l'éloge de la Femme Forte des Saints Livres. ‘“Le coeur de son mari mets sa confiance en elle et il ne manquera pas d’y trouver son avantage. Elle va chercher de la laine et y emploie l’adresse de ses mains. Elle examine un champ: elle ceint ses reins et déploie la vigueur de ses bras. Elle ne craindra pour sa maisonnée ni le froid ni la neige, car tous ont double vêtement. Elle s’est fait des coussins de tresse; elle a tissé une pièce d’étoffe et l’a vendue. Elle a aussi vendue une ceinture brodée à un Cananéen. Elle examine les recoins de sa maison et ne mange pas son pain das l’oisiveté.”
Tel est le prototype que les Religieuses de Duck Lake ont voulu modeler dans chacune de leurs jeunes filles. Elles ont commencé par leur enseigner à maintenir une propreté immaculée dans les corridors, les classes et les chambres, afin que plus tard elles songent à examiner et nettoyer les moindres recoins de leur propres logis. Ensuite on les exerce dans la buanderie
Une ancienne élève SOEUR St-GEORGE Couvent des Servantes de Jésus et Marie à Hull
au lavage et repassage du linge. On leur apprend à cuire des mets variés et à faire le pain et la pâtisserie. Eîlles apprennent la couture, le racommodage, le reprisage, le tricotage et la confection des habits, afin qu'elles puissent exercer l'adresse de leurs mains. On y joint un peu de jardinage pour leur permettre de déployer la vigueur de leurs bras. On va même jusqu'à leur enseigner le tissage, la broderie et le perlage, afin qu’elles aussi aient à vendre quelques pièces de catalogne, quelques ceintures brodées de perles ou quelques coussins en tresse. Munies de toutes ces industries variées, elles n'auront pas d’excuse plus tard de manger leur pain dans l'’oisiveté.
Mais les bonnes religieuses ne jugeront pas leur tâche achevée avant d’avoir inculqué dans l’âme de leurs jeunes filles des habitudès de diligence, d'ordre, de politesse, de savoir faire et surtout de solide piété, car, continue l’Ecriture, “l'élégance est trompeuse, et vaine est la beauté; mais seule la femme qui craint Dieu doit être digne de louange.”
Toutefois tout le savoir faire, tout le bon vouloir ne serviraient de rien ni aux jeunes gens ni aux jeunes filles, si leur santé venait à décliner'et les forces physiques à s'user prématurément. Aussi quel soin ne prend-on pas à Saint-Michel pour former une jeunesse saine et agile, solide et vigoureuse? Trois soeurs ont pris soin, tour à tour, de la santé des élèves. Elles ont montré dans l’exercice de leur fonction d’infirmières un tel dévouement, une telle science et une telle habileté qu’elles ont mérité les plus grands éloges de tous les médecins. Que de plaies rebutantes ne durent-elles pas soigner surtout au début de l'oeuvre! De quelle sollicitude n’ont-eilles pas entouré tant de petits malades qui s’en allaient à grands pas vers le beau ciel du bon Dieu! Quelle énergie ne durent-elles pas déployer pour arracher à la mort et rendre à la santé tant d’autres qui, dans la suite, purent envisager l'avenir sans la moindre appréhension!
Comme à leur infirmerie était joint un dispensaire à l'usage des réserves voisines, leur apostolat social s'étendait fort loin et devenait un facteur important pour le maintien de l'hygiène et de la salubrité publique, première condition pour la création de foyers sains et heureux.
Ces lignes ne donnent qu'un maigre aperçu et qu’une bien faible idée de ce que fut dans le passé, et sera dans l'avenir, l'oeuvre apostolique entreprise à Saint-Michel, depuis quarante et un ans, par les Soeurs de la Présentation; mais elles sont déjà bien suffisantes pour arracher du coeur de tous les anciens élèves les plus vifs sentiments de reconnaissance envers ces inlassables bienfaitrices.